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Articles avec #reflexion catégorie

Gratitude à une amie chère

Avant-hier, j’ai reçu l’appel d’une amie. Tout récemment, on lui a diagnostiqué un cancer. Elle s’isole, s’inquiète, n’ose aller vers les autres. Comme nous le ferions assurément si ça nous arrivait.

Je la sens courageuse, attendant avec patience, les verdicts, les actes à prendre.

Et elle a pris le temps de m’appeler pour me remercier.

Elle voulait me remercier d’entrer chez elle à travers son ordinateur, d’être là pour la faire rire à chaque jour par le biais de mon blogue, par le biais de mes commentaires ou de mes statuts sur FB.

Elle m’a remerciée d’être à chaque jour, son rayon de soleil.

Parfois, on est poussé à faire des choses, et moi, écrire, je suis toujours poussée à le faire, écrire dans l’humour principalement et par mon blogue, j’ai osé.

Après chaque article que je publie, je me questionne, je me questionne surtout sur le pourquoi, pourquoi écrire le récit de mes folies et cette amie m’a donnée la réponse.

Et si j’écrivais seulement pour elle, ce serait déjà énorme.

Maman disait souvent  « Cinq minutes de bonheur valent bien des heures de pleurs! » Je me réjouis de penser que je puisse t’apporter ces petites 5 minutes de bonheur.

C’est moi qui te remercie de m’avoir appelée. Surtout que justement cette journée, j’avais demandé au St-Esprit (oui, oui) de me faire un signe si je devais continuer à écrire mon blogue. Et quelques minutes plus tard, tu m’appelais.

Merci d’être là, merci de continuer à y être. Je sais que tu me lis présentement et que tu te reconnais.

Merci à toi aussi son mari et mon ami, de rire de mes histoires. Ça vous fait du bien mais si vous saviez quel bien vous me faites en étant dans ma vie.

Je vous aime

Francine
Une aînée en liberté

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J’ai fait l’amour !!! Merci mon Dieu !

Bon, bon, on ne s’énerve pas. Ce n’est pas moi qui ai fait l’amour, je voudrais bien et si c’était moi, je crois que j’ajouterais une musique de fanfare, des tambours, des applaudissements et tout ce que vous pouvez imaginer pour témoigner de toute l’allégresse qui m’envahirait. Et je crois bien que je passerais un certain temps à savourer le moment.

Non, c’est l’histoire de quelqu’un que je ne connais pas mais que quelqu’un que je connais, connais.  Prudence, cette histoire peut contenir des scènes à tendance sexuelle. La supervision des parents est recommandée.

Je vous raconte l’histoire de mon ami Lucien, bien entendu, Lucien n’est pas mon ami et en plus Lucien n’est pas son nom mais je vous raconte quand même.

Mon ami Lucien m’appelle comme il le fait à chaque semaine, je suis comme sa présence sécuritaire, son point d’attache. Il a 83 ans. Dans le fond, il n’a pas 83 ans mais je tais son âge véritable pour ne pas qu’il soit reconnu. Disons, qu’il a 81 ans et demi.

D’habitude on échange sur les activités qu’il a faites durant la semaine et c’est principalement moi qui lui raconte ce qui m’est arrivée. Il est heureux comme cela. Il me met au courant des événements qui se sont passées dans le monde, et, il me parle à chaque fois de sa santé qui s’en va sur le déclin. Mais cette semaine, en répondant, Lucien est euphorique, il semble heureux comme je ne l’ai jamais vu, plus précisément, entendu. Il parle vite, bafouille et semble pressé d’arriver au but de son appel. Il m’annonce : Francine, tu ne me croiras pas, j’ai fait l’amour.

J’ai eu un moment de silence, un assez long, j’avoue.

Wow ! que je lui dis, raconte-moi.

Mais avant tout, je dois vous dire que Lucien est un peu amoché du body. Il porte en permanence un appareil qu’on lui a greffé sur le côté et qui lui permet de s’auto-dialyser; un genre de tube bleu clair de 3 pouces de long. Ses reins ne fonctionnent plus correctement et à chaque deux jour, il doit se faire une dialyse. Il s’est habitué à vivre avec comme on dit, comme on s’habitue à vivre avec l’âge, avec les pertes.

De plus, il a eu une opération aux vertèbres ce qui le fait marcher le corps raide et, comme il fait du diabète, à notre dernière conversation, je lui demandais comment avait été son opération où on devait l’amputer de quelques orteils. Je lui ai demandé, et puis, combien t’en ont-ils enlevés ? Toutes qu’il m’a répondue. Toutes. Je te dis que c’est pas mal plus difficile pour marcher.

Maintenant que vous avez le topo du monsieur, l’imaginer en train de faire l’amour relève de l’exploit digne d’un film des plus grands réalisateurs. Je vous raconte donc toute l’histoire, plutôt croustillante. Non, c’est lui qui nous la raconte, nous l’écoutons donc :

Depuis quelque temps, je rencontre une jeune dame de 58 ans, Aurelienne, est-ce que je t’en avais parlée? Je vois bien qu’elle est intéressée mais jamais je n’aurais imaginé qu’elle l’aurait été autant. Elle nous a organisé une rencontre où l’issue était claire, elle voulait faire l’amour avec moi. (Faut dire que notre Lucien a eu une carrière florissante et qu’il est intéressant à jaser parce que cultivé.)

T’imagine que j’ai paniqué un peu.  Je suis allé voir le docteur pour lui expliquer mon problème et il m’a prescrit une petite pilule. Il s’est gratté la tête, m’a regardé d’un air très surpris et démontrant une certaine inquiétude m’a dit : Je t’en donne juste la moitié, je ne prends pas de chance et à toi, je te dis bonne chance.

Le jour venu, j’ai pris la petite pilule avant de rencontrer ma dulcinée, mon Aurelienne. Nous nous sommes rendus à l’endroit de prédilection et nous nous sommes installés. Faut que je te dise que j’ai gardé mon grand T-shirt et mes bas histoire de ne pas trop l’apeurée avec mes pas d’orteils. On s’est couché et sans crier gare, ça a commencé, j’ai commencé à être excité, mais excité ma fille, comme je ne l’ai jamais été de toute ma vie. Ça faisait quasiment mal.

À cause de mon dos, tu sais que je ne peux pas me plier par en avant, encore moins, faire des courbettes de va-et-vient, elle s’est donc assise sur moi. Elle a commencé, j’ai tenu le coup, elle a lancé des petits cris, Hou ! Hou ! et des plus gros, à en devenir gêné. Une chance qu’on était tous seuls.

Et ce fut mon tour. J’ai vécu l’extase, j’étais heureux comme il y a longtemps, au début ça allait bien, mais l’extase, à moment donné, faut que ça finisse, j’extasiais, j’extasiais, j’étais certain d’être en train de mourir, que mon cœur ne supporterait pas le choc et comme je n’ai plus d’orteils à plier, je me suis retrouvé plié en deux à vivre ces moments trop intenses d’extase tout en priant pour ne pas mourir dret là. Et enfin ça c’est terminé. Ouf ! J’ai eu peur ! Peur de mourir, vraiment. J’étais content et surtout content d’être encore vivant.

Ça fait presqu’une semaine et sincèrement, je ne m’en suis pas remis encore. Je suis tout le temps fatigué, j’ai besoin de me reposer plus souvent.

Maintenant, Aurelienne veut me revoir, pas certain de mon côté, elle va me tuer. Nous sommes dans la même résidence, et je la sens qui me regarde, qui me cherche et moi, je longe les murs, j’essaie de l’éviter. Je ne suis pas prêt à recommencer tout de suite mais sincèrement, à bien y penser, je préfère mourir comme cela.

Merci mon Dieu que ce me soit arrivé, merci mon Dieu que j’en sois sorti vivant et merci mon Dieu que je puisse recommencer.

AU RE LIENNNNEEE !!!

C’est pour dire que même sans orteils, les va-et-vient sont toujours possibles et on peut se rendre loin.

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Je te lave de la main droite (sur l’air de Je t’écris de la main gauche)

Présentement, je suis comme en vacances de ma vie chez mon frère qui est parti en voyage et pour qui j’ai l’habitude de garder son chien. Lui garde ma petite Api et moi je garde son Igor chéri. Comme cette année, je suis déménagée en condo, je suis venue garder chez lui.

Je suis assise tranquillement dehors, il fait tellement beau et je vois le voisin qui monte dans une échelle pour laver les fenêtres du deuxième étage. Je suis en admiration devant lui.

Sa femme est au bas de l’échelle pour la tenir. Bon gars que je me dis.

Il a installé l’échelle à gauche de la fenêtre, c’est une fenêtre double à l’horizontal. Il monte donc laver la partie gauche des 2 fenêtres.

Il vient de terminer la fenêtre de gauche et doit déplacer l'échelle à droite des fenêtres pour laver la fenêtre de droite.

Vous suivez toujours. 

Mais là j'entends : Je ne peux pas laver la fenêtre, je suis droitier.

Ai-je bien entendu ? que je me dis.

J’entends sa femme qui le rassure et lui dit : Je vais la laver, je suis gauchère.

Non, mais une chance qu’ils sont un couple complet, lui droitier et elle gauchère. Mais comment font les autres couples qui n’ont pas cet avantage ?

Je suis aux premières loges pour voir la dame s’aventurer à monter sur l’échelle. Premier barreau, deuxième barreau, l’échelle commence à branler, troisième barreau, la dame commence à avoir peur, quatrième barreau, j’entends son mari l’encourager : Vas-y, tu vas réussir, t’es bonne !!! Au cinquième barreau, l’échelle n’arrête pas de bouger de gauche à droite, la dame panique, son mari l’encourage toujours. Il te reste juste quelques barreaux.

Je suis certaine qu’elle va sacrer le camp par terre. Elle aussi. Elle rebrousse chemin. Redescend.

Ils sont découragés, comment laver la fenêtre de droite ?

Un ange passe, un autre voisin arrive et demande s’il peut aider.

Le monsieur lui annonce la mauvaise nouvelle qu'il ne peut pas laver la fenêtre parce qu'il est droitier. 

Mais c'est terrible et il s'offre de le faire pour lui, même s'il est droitier aussi. 

J’entends des discussions, du brassage d’échelle, et, après mures réflexions et une étude approfondie du problème, ils ont fini par mettre l'échelle au milieu des 2 fenêtres.

Pas facile la vie de mari laveur de vitre droitier.

 

Et c'est une histoire vraie et qui vient tout juste d'arriver en direct de mon gardiennage.

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Une aînée en liberté... Un blogue ?

Bon, bon, je vous entends vous dire « Mais Francine, tu n’es pas encore une aînée!, tu parais beaucoup trop jeune, tu es trop en forme, tu es trop folle pour être une ainée » et cela en fonction de la vision que nous avons des aînés. Vous voyez comment je vous entends, de belles et bonnes paroles de votre part, toute la vérité bien entendu; et moi de vous répondre : « J’écris ce blogue pour les années à venir et dans 7 mois, j’aurai 65 ans. La question que je vous pose « Quand est-ce qu’on devient une ainée ? »J’ai votre réponse : selon le document « Portrait statistique régional des ainés du Québec », le titre d’ainé nous appartient à partir de 65 ans. Et je les aurai dans 7 mois. Est-ce que je vous écrirai encore dans 7 mois ? Je l’espère.

Pourquoi fait-on un blogue quand on est une ainée ? Comme on fait toujours pour soi en premier, ça me permet de m’exprimer, de me souvenir des anecdotes spéciales qui ont toujours ponctué ma vie. Et j’aime raconter des histoires, j’aime faire rire, c’est une seconde nature chez moi.

Ce blogue m’obligera à sortir constamment de ma zone de confort, me permettra de me sentir vivante car je ferai en sorte de créer des situations que je vous raconterai. C’est ma façon à moi de ne pas stagner, de ne pas m’assoir sur le fait que je vieillisse, m’assoir sur mes fesses qui grossissent avec les ans en constatant constamment les pertes qui se produiront et en m’en y apitoyant. Et aussi, il me permettra de ne pas me sentir seule car je penserai constamment à vous, vous serez mon moteur, ma motivation. C’est la façon que j’ai trouvée pour vivre mes jours d’aînée. Que vous soyez 10 ou 1000 à lire mes folies, vous serez là, c’est ce qui importera.

Ce blogue vous ouvrira à des aventures que j’imaginerai (que j’ai déjà imaginées, des projets sont déjà en route) et que je tenterai de mettre en œuvre, aventures qui je l’espère vous feront voir que même si on est aînée, la vie continue, qu’on peut la provoquer, s’amuser et même inspirer.

De plus, y’a rien que je trouve plus le fun que d’être attablée entre amies (pour le moment ce sont des amies mais j’espère bien qu’à moment donné, j’écrirai « amis »), que je raconte mes anecdotes de vie et que je vois les gens rirent à gorge déployée. Et par ce blogue, je vais vous imaginer avec moi et vos commentaires me confirmeront que j’ai encore apporté un peu de folie et de bonheur dans vos cœurs. J’irais même jusqu’à dire, une inspiration de vie, de joie de vivre contagieuse.

J’aime apporter justement ce brin de folie qui est un peu ma carte de visite, cette folie que j’appelle ma folie « divine », cette folie témoignant de toute cette liberté qui a été mienne et dont je veux vous partager les secrets. J’ai soupçonné parfois que cette folie pouvait déranger, ai vu des regards de désapprobation, mais je m’assume et j’en suis fière.

Commençons donc par ce voyage en tant qu’ainée ou future ainée, mon voyage en avion pour me rendre, seule, chez ma fille en France.

 

Francine,
Une aînée en liberté

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