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Une « balade » en Toscane, vous avez dit?

Il y a 3 ans, ma Justine et moi, avons passé 2 mois en Italie, en Toscane plus précisément. Comme nous travaillons en informatique et qu’on peut travailler de partout dans le monde, nous nous sommes téléportées là-bas avec nos ordinateurs en nous assurant un accès à Internet. Le jour nous visitions et vers 15 h. nous allions vérifier les courriels pour voir le travail à faire. Pour faire du mal, on a travaillé pas mal fort mais on a réussi à prendre des jours de congé. Et entre autres, nous sommes allées à Cinque Terre. Je vous raconte l’aventure non pas les paysages, vous pouvez les voir sur Internet mais le voyage, ma surdité, les routes, parce que nous avions loué une voiture bien entendu. Ouf !

L’Italie, surtout la Toscane, je vous le dis, ce sont des montagnes et des routes sinueuses, tu montes, tu montes, tu montes, tu montes tellement que les oreilles commencent à te boucher un peu, tu avales, ça débouche. Tu montes encore, tu mâches ta gomme que tu as eu la bonne idée de prendre, tu avales, ça débouche encore jusqu’au moment où t’as beau avaler, t’as beau mâcher, rien ne se passe. Tu as les oreilles qui continuent à boucher. À moment donné, une petite accalmie, les oreilles te débouchent, ouf ! Il reste toujours un peu de bouchage mais t’entends au moins.

Ça va ! Tu montes encore, ça tourne, ça monte comme dans la face d’un singe, tu mâches à t’en faire mal aux mâchoires, tu avales, tu avales, tu as la bouche sèche, plus rien à avaler, mais tes oreilles bouchent de plus en plus et ne débouchent plus.

C’est la panique totale, je frappe avec mes doigts sur le tableau de bord pour vérifier mon degré de surdité, je n’entends presque plus rien. Justine me parle, elle semble loin. Ça y est, la panique, JE SUIS DEVENUE SOURDE. Je n’entends plus le bruit des pneus sur la chaussée. Mon Dieu. Justine perd patience. Je panique encore plus. Je n’entends plus rien, juste des sons sourds.

Nous décidons d’arrêter au premier petit village que nous rencontrons. Nous sommes debout, à attendre aux lumières. Je ne parle pas, je me pince les narines entre les doigts, me ferme la bouche et souffle en me gonflant les joues, j’attends, il ne se passe rien. Toujours aussi sourde. Je me tire les oreilles, pousse. Toujours rien. Nous sommes toujours aux feux de circulation. Justine n’en peut plus. Je l’énerve. Je sens que je lui fais honte.

Pendant que je prends mon café, mes oreilles commencent à déboucher. Délivrance !

Après une heure pour traverser la Toscane, nous sommes enfin arrivées sur une autoroute ou la limite de vitesse est à 130 km/heure. Je m’engage, les autos vont vite, ça me stresse pas mal. Elles vont toutes plus vite les unes que les autres, surtout les voitures allemandes. J’étais assez insécure jusqu’au moment où j’ai dit à Justine. Wow !, je commence à prendre du pic, regarde-moi aller, 135 km/heure. Juste comme je suis à dire cela, que vois-je dans mon rétroviseur, une Mercédès grise qui arrive à toute vitesse, me rentre quasiment dedans et elle est suivie par une autre voiture allemande. Elle me pousse dans le derrière, j’ai affaire à dégager. Stressée encore une fois, je pèse sur l’accélérateur pour rentrer au plus tôt dans la voie de droite. Moi qui me sentais tellement pro dans la voie de gauche. Ça va vite en titi.

Après l’autoroute folle, nous nous retrouvons à nouveau sur des petites routes, petites non pas par leur longueur mais par leur largeur et sinueuses, plus qu’en Toscane, dans les montagnes, tourne, décélère, tourne en U, accélère un peu, décélère, encore une courbe, mon Dieu que c’est étroit, mon Dieu que c’est haut, j’ai les fesses serrées, les mains crispées sur le volant. La Toscane n’était rien à comparer à cette nouvelle route. Nous rencontrons difficilement les autres voitures qui filent à vive allure, nous arrivons au village Pignone (prononcer Pignün) nous indiquant que nous avons dépassé notre hôtel de quelques kilomètres, les pires de ma vie. Nous rebroussons chemin en direction de l’hôtel. Au même moment, une courbe et qu’est-ce qui arrive dans le haut de la courbe ? Je vous le laisse deviner : « Un autobus ! » Mais ça ne rencontre pas les autobus ces routes… Je fige, le chauffeur d’autobus me voit. Il me fait signe de reculer. Je ne vois que ses yeux qui me fixent, qui me figent. Ben voyons, je ne peux pas reculer, je vais tomber dans le ravin… Et ici, qui dit ravin, dit énorme ravin, la terre ferme à perte de vue mais par en bas.

Aidez-moi quelqu’un. Le chauffeur s’impatiente, il me klaxonne. Je m’énerve, je recule, lentement, très lentement. Je m’arrête, reprends mon souffle, reprends mes esprits. Je continue à reculer, trop tranquillement, j’entends le chauffeur me klaxonner encore, je ne le regarde pas, je suis trop stressée. Justine me dit « Maman, je pense que tu as assez de place pour passer à côté de l’autobus! » C’était pour cela que le chauffeur me klaxonnait. Je suis enfin passée. Merci mon Dieu. Quelle aventure !

Nous sommes enfin arrivées à notre auberge Albergo Villagio Dei Gallo. Auberge en flan de montagne, ça monte comme dans la face d’un singe encore une fois. Nous sommes accueillies par une italienne qui parle un peu en anglais. Je lui parle dans mon italien. À son regard, j’ai l’impression que mes cours d’italien sont déjà disparus, ont-ils déjà existé ? Je finis par me faire comprendre. Nous accédons à notre chambre pour ensuite se diriger vers Cinque Terre.

 

Qui a parlé d’une balade en Toscane !

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nat 02/11/2014 11:50

C'est trop bon !!!Quelle crise de rire devant mon ordi en visualisant les scènes :-)
Merci beaucoup !

Une aînée en liberté 02/11/2014 14:20

Ce texte fait vraiment appel à une imagination débordante. Il faut vraiment se mettre dans la situation. Je suis très contente que vous ayez aimé. Moi, sincèrement, à chaque fois que je la relie, je suis crampée.
Merci pour votre commentaire.
Une aînée en liberté.