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Justine, j’arrive !

Québec-New-York

N’ayant pas froid aux yeux et souffrant peut-être d’un peu d’insouciance, j’ai décidé de partir seule (je n’ai pas vraiment le choix, je vis seule et SUIS seule, donc…) pour aller voir ma fille Justine qui a marié un français et qui demeure à Toulouse. Le hic, comme j’ai réservé mes billets un peu tard, il me restait un départ de Québec avec escale à New-York et une autre à Rome. Je me suis arrêtée principalement sur les temps d’attente aux escales, 2 heures à New-York et 1h45 à Rome.

Mon amie Jacinthe m’a gentiment offert de venir me reconduire à l’aéroport. Elle arrive donc, à ma demande, à midi trente pour mon départ de 16h10. Comme je n’avais pas mangé, nous sommes arrêtées au St-Hubert pour le dîner lui disant que j’avais tout mon temps. On est à Québec, après tout, quand bien même j’arriverais 1 heure avant le départ que je me dis.

Après le diner, il prend l’envie à Jacinthe d’arrêter au Super C pour s’acheter des cerises, drôle d’envie vous me direz. Elle me laisse dans la voiture à 30 degrés Celsius, comme un petit animal abandonné, j’exagère un peu (elle a pris soin de laisser les fenêtres ouvertes) et j’attends, je sue et je finis par sortir de la voiture. Je me dis qu’elle a sûrement choisi chaque cerise une à une tellement c’est long, je commence à m’inquiéter, non pas de son retard mais du mien à l’aéroport, sans trop vouloir le montrer à Jacinthe. Elle arrive, enfin ! Pis en passant, Jacinthe, un gros merci, ça m'a fait chaud au coeur.

Nous partons en direction de l’aéroport et c’est le début de l’aventure, il est 14h15. J’entre dans la section des départs, vois le guichet de Delta Air line. Oh mon Dieu, la file en forme de serpentin est longue, je ne m’attendais jamais à ce qu’il y ait tant de gens qui se rendent à New-York. Je me place à la fin de la file, vois les machines émettrices de cartes d’embarquement, les ignore tout en me disant que de toutes façons, ils vont bien me prendre et le faire pour moi. Faut que je vous dise que j’ai presque toujours voyagé avec Justine et qu’elle prenait tout en mains. Je suis devenue, contre mon gré, une incompétente du voyage même si j’ai pas mal voyagé. Justine s’occupait de tout, imprimait les cartes d’embarquement, vérifiait les heures, les numéros de vol, les portes, transportait la caméra, prenait les photos (je ne focusse pas très bien), je n’avais qu’à me laisser faire. Certains trouveraient qu’elle m’infantilisait mais moi je le voyais comme une source de formation pour elle, que ça la rendrait plus débrouillarde, plus autonome. Et qu’est-ce que j’ai créé chez moi ? Une perte d’autonomie, une insécurité, une allure d’ainée perdue dans cette cohue, dans ces nouveautés qui m’effraient moi qui ai travaillé toute ma vie avec les ordinateurs.

J’entends une employée de l’aéroport nous crier : « Vous devez avoir en mains vos cartes d’embarquement! » Nooonnnn ! Faut que j’aille à ces machines. Je m’avance donc, laissant mes valises dans la ligne, valises qui ont été vite tassées par les dames qui me suivaient pour m’indiquer que je devrai retourner à la fin de la file. Je me résigne donc…

Bon, on commence par quoi que je me dis. Entrez votre numéro d’enregistrement : C’est où ? Je sors mes papiers d’Expédia et il y a un numéro long de 3 pouces juste au début, ça doit être celui-là. Je le tape, presse CONTINUEZ. Erreur de numéro !!! Je recommence, encore le même message. Je regarde le petit couple à ma droite, ils sont jeunes eux, ils doivent savoir, les jeunes savent tout. Savez-vous où se trouve ce numéro ? Non, qu’ils me disent et m’indiquent qu’ils ont fini par mettre leur carte de crédit et là ça a marché. J’ai pas envie de mettre ma carte de crédit, j’ai payé mon voyage et je suis toujours insécure avec ma carte de crédit, je ne sais pas pourquoi. Et de toutes façons je n’ai rien compris à leur explication.

J’essaie le petit numéro au bas de la page…, n’importe quoi que je me dis. Miracle, ça marche ! l’écran a changé. On me demande d’insérer mon document officiel, ça doit sûrement être mon passeport. Le dessin sur la fente de la machine est clair, j’insère donc mon passeport à cet endroit. Je pousse dessus, il n’entre pas, je force, le retire, le remets, le pousse plus fort encore, rien, il n’entre pas. Je regarde à nouveau mes jeunes à ma droite, n’osant pas les déranger car ils semblent un peu dans le trouble eux-aussi.

Je recommence à insérer mon passeport, merde, il n’entre pas, je mets mon doigt dans la craque, lui non plus n’entre pas. Il y a une plus grosse fente au-dessous, je mets mon passeport dedans, rien, toujours rien. Beaucoup trop grand que je me dis, j’imagine une caméra à l’intérieur, non, ce n’est pas cela. Je regarde autour pour voir s’il n’y a pas quelqu’un qui pourrait venir m’aider, personne d’autre que les voyageurs qui attendent patiemment.

Je jette un coup d’œil à mes jeunes à droite et finis par leur demander : Vous, votre passeport, il est bien entré ? Oui madame, c’est qu’il n’entre pas plus que ça, il lit les codes au bas de la page. Ah ! oK que je leur dis, je croyais que c’était comme à la banque, que la machine avalerait mon passeport, le lirait pour ensuite me le rendre. Bon ! Enfin, je sais.

J’introduis mon passeport à nouveau, le tiens bien comme il faut pour ne pas qu’il tombe et j’attends, je suis un peu nerveuse. J’attends que la machine lise, rien encore… Encore le message d’erreur sur l’écran qui revient. Je commence à m’énerver un peu plus. Je remets mon passeport, attends encore pour voir sur l’écran un bouton rouge sur lequel est inscrit le mot CONTINUEZ. J’appuie dessus et Euréka, je passe au prochain écran. Le reste s’est bien déroulé, je ramasse mes cartes d’embarquement et me place à la fin de la file. J’ai chaud ! Un homme d’une quarantaine d’années se place derrière moi, nous sommes les tous derniers de la file. Et là l’attente débute.

Nous faisons du sur-place, il n’y a qu’un guichet d’ouvert, bien entendu, et devant ce dernier, il y a au moins 5 personnes qui semblent désespérer, se grattent la tête. La préposée semble s’affoler à son tour, d’autres employés viennent à sa rescousse. Rien ! Personne ne bouge, le temps file, il est 15 h. Ils décident de mettre une personne à l’autre guichet. Bon, enfin, nous allons passer. Je finis par enregistrer mes bagages, il est 15 h 30.

Vite, je me rends à la sécurité pour voir encore une file en forme de serpentin, c’est lent, je stresse à nouveau. Je dois vous avouer que je me devais de passer aux toilettes car une envie, qui n’était pas une envie de rire me tenaillait le ventre depuis le début de l’attente au guichet, ce qui m’a retardée encore mais je ne pouvais faire autrement, sinon…; je préfère ne pas m’étendre sur le sujet.

Dans le tournant de la file en serpentin, je vois une pancarte « Agent en formation » et il est seul, nous sommes à sa merci, dépendants de ses connaissances. Je m’affole par en-dedans. Mon vol est à 16h10, je suis encore à la sécurité et il est 15h45 et ne suis toujours pas passée. Je regarde le jeune homme qui me suivait qui maintenant me précède à cause de vous savez quoi et il me dit pour m’encourager, vous allez vous rendre compte qu’il vous reste encore une bonne quinzaine de minutes une fois en dedans. Ils ouvrent enfin une autre porte de sécurité. Nous passons, il est 15h55. Un miracle s’est produit. J’étais certaine de manquer mon vol, des pensées me passaient par la tête expliquant à Justine que je ne m’étais pas assez pressée et que j’avais raté mon vol. Le stress, le stress.

J’arrive à la porte du vol et immédiatement, ils annoncent l’embarquement. Je suis soulagée, je pars.

Mais l’aventure ne fait que commencer.

L’agente de bord (on ne les appelle plus hôtesses de l’air, mais bien agentes et agents de bord) nous souhaite la bienvenue en anglais et semble débuter les consignes de sécurité. Je ne me concentre pas puisque nous aurons droit à la version française. Mais non, comme nous allons à New-York, tout se passe en anglais. Messemblais que j’étais à Québec, moi là !!!

Et c’est un départ !

Non ! pas encore.

Le pilote nous annonce une « bad news ». Je crois comprendre qu’une rampe est brisée et qu’il nous faut attendre une bonne demi-heure avant de partir. Mais moi, je n’ai que 2 heures d’attente à New-York !!! Ça part bien mal.

Nous finissons par quitter Québec. Enfin !

L’escale à New-York

La dame au guichet à Québec m’avait bien indiqué que je devais ramasser mes bagages à New-York pour ensuite faire un check-in pour Rome.

En sortant de l’avion, je suis le groupe qui doit se rendre au carrousel pour qu’on ramasse nos bagages. Je demande lequel nous concerne, on me précise le 2. Essayez de savoir pourquoi je me suis installée au 3 ou j’ai vécu un stress intense voyant défiler au moins 4 fois toutes les valises qui disparaissaient graduellement sans retracer la mienne. Quand tout à coup, j’ai réalisé que je n’étais pas au bon endroit. Je me suis précipitée au caroussel 2 où j’ai vu ma valise qui se promenait seule. Ouf ! sauvée.

J’ai suivi les indications pour les transferts, je suis passée au check-in pour y laisser ma valise pour ensuite me présenter à la file de la sécurité où là le serpentin de gens faisait au moins 100 pieds de long et je n’exagère pas. Ma patience commençait à s’effriter.

Une fois passée la sécurité, je suis partie vers ma porte, la B37. En passant près d’une horloge (je ne porte jamais de montre mais là je devrais) je vois 8 h moins 10. La panique m’envahit, mon vol est à 8 h et 10 et je suis à B1. La distance entre la B1 et la B2 est d’au moins 50 mètres. Je cours, mes sandales me font mal, je dois retenir la semelle avec mes orteils car comme j’ai des pieds étroits, je dois plier les orteils pour les retenir à mes pieds. À force de retenir mes sandales, j’ai mal aux jambes, ça brûle, je décide donc d’enlever mes sandales et de courir pieds nus. Je cours, je cours, je suis essoufflée, je me rapproche, j’attrape des bandes de tapis roulants ou les passagers se la coulent douce et me bloquent le chemin. Je les dérange, je cours. J’arrive à la gate, le préposé m’engueule en anglais en me demandant ce que je faisais, que l’avion m’attend, qu’il est supposé être parti depuis au moins 5 minutes. Et moi de lui répondre : I ran, I ran, je courais, je courais. Je suis enfin arrivée à l’avion, le pilote était à la porte me rassurant, me disant de reprendre mon souffle avec beaucoup de compassion et d’égard, que tout allait bien. Je ne me suis pas sentie jeune là mais pas du tout.

Une fois arrivée à mon siège, l’homme à ma gauche m’a demandée « Are you Francine ? » Yes ! Everybody knows my name ? Yes !

J’ai attrapé mon vol de justesse. Sûrement qu’ils auraient continué de m’attendre, ils devaient bien savoir que j’étais en route puisqu’ils connaissaient mon nom.

Comme je fais des allergies, j’ai mal aux oreilles en avion, au point où je m’inquiète que mes tempes en saignent. J’ai donc commencé par me mettre de l’Otrivin dans les 2 narines, 2 sprays par narine, en respirant très fort comme indiqué sur la bouteille. Mon voisin semblait me regarder avec dédain. Ensuite, j’ai mis mes bouchons spéciaux qui ont la propriété d’équilibrer la pression dans les oreilles pour finir par prendre 2 gommes histoire de générer de la salive. Je tiens à vous informer que l’Otrivin, ça fonctionne, à savoir si les bouchons fonctionnent, je n’en suis pas certaine mais je les ai gardés.

Et j’ai fini par m’endormir toute droite assise en cognant des clous à chaque 15 minutes ou me faisant réveiller par un ronflement très sonore qui sortait directement de ma bouche. Pas facile de vieillir, je ne ronflais pas avant, mais là, faut se méfier.

Rome

Nous sommes arrivés à Rome une bonne quinzaine de minutes à l’avance. Ils ont expliqué clairement en anglais et en italien que nous prenions nos bagages au carrousel 7 et que les voyageurs qui transféraient devaient se rendre à la section C ou H. Enfin des instructions claires que je me suis dit et que j’ai apprises par cœur, histoire que New-York ne se reproduise pas.

J’ai donc encore suivi mon groupe et les panneaux indiquant Baggages Claim signifiant Réclamation de bagages. Ça va bien jusqu’au moment où nous arrivons à un cul-de-sac et où nous sommes en face de portes donnant accès à un train. Je m’arrête net. Pourtant, je suis certaine d’avoir toujours suivi les indications, pourquoi prendre un train pour aller chercher nos bagages ? Je demande à un jeune couple, qui me dit ne pas en savoir plus que moi. Bon, me voilà bien avancée. Je regarde les indications qui défilent au-dessus des portes et je vois Baggages Claim. Ben, coudonc, faut prendre un train. Quand il finit par arriver, je m’insère dedans comme les autres voyageurs qui semblent également se poser des questions. Nous arrivons à la fin de la ligne, tout le monde débarque.

Il y a des panneaux indiquant que nous devons utiliser des machines, comme celles émettrices des cartes d’embarquement. Je ne comprends pas. J’interpelle une préposée et lui demande en anglais « Madam, could you explain me » et d’un air dédaigneux, elle me dit What ? et je lui demande ce qu’on doit faire. Elle me montre les machines et me dit de passer mon passeport à l’intérieur. Je m’exécute. Une fois fait, j’avance et que vois-je, les douaniers… Je m’avance à un guichet, présente ma carte d’embarquement et mon passeport et lorsqu’il voit que mon passeport est canadien, il ne l’ouvre même pas et me dit d’avancer. C’est spécial, nous les canadiens, nous passons partout sans problème. Dieu merci, il était temps que les choses avancent.

J’arrive donc aux carrousels, je finis par trouver le 7 et m’installe pour attendre ma valise. J’attends, j’attends, le carrousel se vide, pas de valise, mon cœur s’emballe. Une dame reste avec moi et me dit que c’est la quatrième fois qu’ils perdent sa valise ici à Rome. Elle ne me rassure pas. Je suis à nouveau inquiète. Tout à coup… ?

Je m’avance vers un bureau et demande à la préposée où je pourrais trouver ma valise. Toute gentille et parlant français, elle me demande mon billet de bagage et me dit qu’ils se rendent directement à Toulouse. Elle me demande ma carte d’embarquement et lui dis que je n’en ai pas mais que la machine m’a remis une carte indiquant que je dois à nouveau checker in à Rome. Elle m’amène à une machine émettrice de cartes d’embarquement. Elle voit bien que je ne sais pas trop quoi faire et tout gentiment, elle l’a fait pour moi et m’a indiquée la porte pour mon avion. Merci à cette gentille dame pour son aide.

C’était simple, ma porte était la B. Je me dépêche de la rejoindre mais lorsqu’arrivée à la porte B, j’ai réalisé qu’il y avait de B1 à B50 et le moniteur n’indiquait pas le numéro de ma porte. Bon, que je me dis, vais-je devoir faire toutes les portes pour lire l’endroit où se rend l’avion?

Comme Air France était au bout complètement des guichets de check-in, je me suis dit que si je me rendais complètement au bout de l’espace des B, je trouverais le départ pour Toulouse. Mon flair ne m’a pas trompée. Je suis arrivée à la porte 13 et j’ai demandé aux personnes si l’avion se rendait à Toulouse. Et ce fut affirmatif. Je me suis donc assise et j’ai attendu.

J’ai retrouvé ma Justine à Toulouse où elle m’attendait vers les 14h15 et nous nous sommes prises dans les bras une de l’autre. Et j’ai lâché une petite larme due au fait que je la retrouvais après quelques mois d’absence mais aussi, heureuse d’être enfin arrivée.

J’étais certaine que pour mon retour je passais par Montréal mais je viens de voir que je repassais par New-York avec 1h54 d’escale.

En tout cas, toute cette aventure ne me décourage pas de recommencer car je viens de reprendre ma vie en mains, je suis de nouveau en apprentissage de la vie, la prochaine fois, je vais en connaître plus.

C’est une histoire à suivre.

 

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beatrice 01/11/2014 18:41

Trop cool votre histoire de voyage. Je pense qu'on se reconnait tous un peu dans votre histoire, pour moi c'est le cas. En tout cas, j'ai bien ri. J'ai connu votre blog grâce à Dodo.
Béatrice de l'ile de la Réunion.

Une aînée en liberté 01/11/2014 20:22

Bonjour Béatrice,
C'est un peu ce que je veux, qu'on se retrouve dans mes aventures, qu'on sente que nous ne sommes pas seules.
Je suis heureuse que vous soyez désormais dans mes lectrices, j'espère être inspirée assez souvent pour pouvoir encore une fois vous divertir.
Bienvenue.
Francine

Nicole Guinard 31/08/2014 23:45

Encore une fois très drôle de vous lire...je suis morte de rire...

Christian 09/08/2014 13:45

Wow quelle aventure!! En tout cas bravo pour cette détermination et ce courage d'aller jusqu'au bout. J'ai adoré lire cet épisode

Une aînée en liberté 10/08/2014 13:53



Merci Christian,


Un homme qui me lit, c'était mon rêve. J'espère que je continuerai à capter votre intérêt et que vous continuerez.


Il m'a fallu aller jusqu'au bout, non sans peine. Je veux continuer à sortir de ma zone de confort, ce qui crée souvent des situations plutôt cocasses que je vous raconterai.


Bonne journée à vous et merci d'être là.



Catherine selaudoux 06/08/2014 08:11

Tout ce mérite Francine .
Tu auras bien mérité les moments délicieux que tu vas passer en France .
Jean dit que la réussite est proportionnelle aux embêtements qu'on a a les faire .
Donc BINGO ça va être SUPER .;)))

Une aînée en liberté 06/08/2014 09:59



C'est déjà super ma chère Catherine. Je reviens vendredi. Ce fut trop court mais j'ai tellement de projets à mon retour.


Bisous xxx



Diane 06/08/2014 03:47

Tordante! encore une fois! :-)

Une aînée en liberté 06/08/2014 09:59



Merci ! J'espère l'être le plus longtemps possible.