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Le Costa Rica - Suite et fin

Le Costa Rica - Suite et fin

Le lendemain, j’étais prête très tôt pour mon départ vers ma nouvelle vie. Enfin sortie de ce problème. La ville de Tamarindo m’avait plu, surtout la vie qu’il y avait là. Ça va me faire bien différent d’ici.

Mon taxi arrive à l’heure prévue et il m’amène à ma délivrance, du moins c’est ce que je crois.

Nous arrivons aux condos. C’est bien! Le propriétaire m’accueille et vient me présenter ma chambre. D’un condo, j’étais réduite à une chambre. Ce n’était pas grave, la mer était à 300 mètres, je l’avais vue, je pourrai me faire bronzer, aller au resto. Enfin !!!

Une fois passée l’entrée principale, nous traversons un large corridor où à sa gauche, il y a une piscine, très petite piscine, on dirait plus un bain de pieds, c’est une piscine intérieure et à sa droite de grandes vitrines qui devaient être prévues pour des magasins mais d’où on ne voyait que d’immenses rideaux à l’intérieur comme pour cacher ce qu’il s’y passe.

Un peu plus loin, il y a aussi de grandes vitrines; les rideaux ont été ouverts et je vois très facilement la vie à l’intérieur. Ils sont deux, ils discutent.  L’homme est torse nu. Ils semblent demeurer dans cette cage de verre.

Nous nous arrêtons juste avant ces grandes vitrines, devant une porte toujours vitrée et l’homme prend une clé et l’ouvre. C’était ma chambre. Une grande chambre avec vue sur… le bain de pieds intérieur et pas d’autre issue et surtout avec vue sur les rideaux.

Du condo que j’imaginais avec balcon, me voici dans une chambre avec un lit, une table, un fauteuil et une salle de bain. Et des rideaux… verts… qui font toute la largeur de la chambre et une fois ouverts, donnent sur le monde, le monde qui nous voit en passant, qui nous regarde comme des animaux de cirque.

Je prends mon partie de la situation, dépose mon sac à ordinateur et mes sacs de nourriture que j’avais achetée et m’assoie sur le lit. Je regarde à nouveau dans le vide.

Ressaisie-toi ma Francine tu es près de la mer, je vais toujours bien en profiter mais avant, je vais appeler la compagnie aérienne pour les aviser de livrer mes valises ici et non plus à Playa Flamingo, elles doivent arriver le lendemain, jour de Noël. Ce sera un beau cadeau.

Bon… mes valises n’arriveront pas demain, « peut-être » samedi. Ils ne peuvent pas le dire car elles ont été placées sur un autre vol d’une autre compagnie et attendent de savoir quand ils pourront me les apporter. Non mais !!! Ça se peut pas !

Regardant la chambre, regardant ZE vue, me regardant dans tout mon désespoir, je leur ai dit de les retourner à Québec  car moi je ne resterai pas. Je veux prendre le prochain vol pour m’en revenir au Québec. À ce que je peux voir, ici au Costa Rica, en ce moment, rien ne fonctionne pour moi et je n’ai pas espoir que ça s’améliore.

Une fois cette décision prise, j’avise le propriétaire du « condo » que je repartirai le samedi matin et je pars à la découverte de cette belle petite ville.

Nous sommes un peu en retrait de la ville mais tout près, il y a une petite route pour se rendre à la plage et à droite, sur cette petite route, devant la mer,  un beau petit resto italien. Il n’y a pas grand monde mais ça semble très bien.

Je continue ma route pour aller à la mer. Je marche sur la plage, j’aimerais bien aller dans l’eau mais qui surveillera ma sortie de plage, ma clé, mon argent, mes sandales ? Un passant ? Je me résigne que la baignade dans la mer sera pour une autre fois, quand ? Je ne sais pas. Je rencontre une québécoise, elle me fait la conversation et m’invite à aller avec elle retrouver son mari et ses 2 enfants. Ils n’ont pas de place où rester et se cherchent un endroit rapidement pour la soirée pour ensuite repartir pour Samara. Je refuse son invitation. Même si elle est québécoise, je suis devenue méfiante, de toute façon, elle insistait vraiment trop.

Je me suis arrêtée au retour au petit resto italien. Là par exemple, j’ai rencontré des gens très sympathiques. Ils parlaient italien et anglais en plus de l’espagnol. Comme c’était tranquille, la propriétaire s’est assise avec moi. J’ai enfin mangé un vrai repas. Il était délicieux, je me serais sentie en Italie. Je les ai adoptés et ils m’ont adoptée aussi  sûrement parce que je faisais trop pitié à leurs yeux mais au moins, j’avais des gens avec qui parler.

J’ai déjeuné, dîné et soupé au petit resto italien et cela jusqu’à mon départ, je m’y sentais en sécurité. Ils plaçaient des gens avec moi pour que je ne sois pas seule. Un soir, un monsieur d’à peu près mon âge est arrivé et ils lui ont demandé de s’assoir avec moi. Me regardant, il a dit non et j’ai vu dans son visage tous les trop et les pas assez que je pouvais lui inspirer.

Je vous épargne les 2 jours qui ont précédé mon départ où je n’ai fait qu’errer dans la ville et sur la plage et où j’ai collé au resto, toujours les yeux dans l’eau prête à éclater.

Mais je dois vous raconter le matin du départ. Je suis allée déjeuner et faire mes adieux aux gens du resto. Ils ont placé leur petit garçon à ma table qui jouait avec des légos. Les tables de dehors étaient placées sur des galets donc assez chambranlantes.

Je commande un déjeuner copieux avec jus, œufs, café. Le petit est assis en face de moi. Comme je reçois mon festin qu’ils viennent juste de déposer, le petit pousse la table avec son pied comme pour pousser sa chaise. La table a basculé vers moi et j’ai reçu, sur mon seul pantalon à me mettre, tout mon déjeuner. Je me suis relevée en vitesse mais le mal était fait et je partais 2 heures plus tard.

J’habille du 12 ans et la propriétaire habille du 8 ans environ. Elle me fait enlever mon pantalon et me prête un des siens.  J’ai un manque à gagner d’au moins 4 pouces qui révèle les dessous d’une jeunesse de 65 ans. Ils mettent mon pantalon au soleil et me servent un autre déjeuner.

Une heure plus tard, je vais vérifier mon pantalon qui sèche bien sous le soleil ardent. Je le retourne et oh malheur, ils l’ont placé sur un banc dont la peinture est encore fraîche.

J’ai réussi à prendre mon autobus pour l’aéroport à temps avec un pantalon avec une barre blanche au derrière et une fois dans l’avion, j’étais assise à côté d’un couple qui se bécotait. Je vois qu’il y a des sièges de libres à ma droite et me dis qu’aussitôt partis, je vais me déplacer. Le petit couple n’a pas pris de chance et ils m’ont demandé de changer de place avant le départ.

Et c’est comme cela que se termine ce voyage que je considère comme initiatique. J’ai pleuré presqu’ à chaque minute mais une fois rendue à Québec, j’ai réalisé à quel point j’étais chanceuse d’avoir ce que j’ai, d’avoir la famille qui m’entoure, ma fille qui aura un petit bébé et depuis ce temps, je vis dans la gratitude. J’étais bien contente de retrouver notre hiver québécois moi qui voulais le fuir à tout prix mais le prix à payer là-bas était encore trop grand.

Le lendemain de mon arrivée, on m’a appelée pour me livrer mes valises et là j’ai su que le cauchemar était terminé.

Je ne dis pas que je ne retournerai pas un jour au Costa Rica, je ne peux pas croire que ce pays me sera encore aussi hostile qu’en ce mois de décembre 2014.

Merci de m’avoir lu.

 

Une aînée en liberté dont la liberté a été pas mal ébranlée.

Angelilie 06/05/2017 21:42

beau blog. un plaisir de venir flâner sur vos pages. une découverte et un enchantement.N'hésitez pas à venir visiter mon blog : cliquez sur mon pseudo. au plaisir

Francine 06/05/2017 22:20

Merci beaucoup.