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La liberté et le Costa Rica

Le volcan que j'ai vu des airs seulement.

Le volcan que j'ai vu des airs seulement.

Bonjour vous toutes et tous (les quelques hommes qui pourraient me lire),

Il y a déjà plus de deux ans que je n'ai pas écrit sur mon blogue, je le gardais ouvert me disant qu'à moment donné j'y reviendrais. Bien c'est aujourd'hui.

Je vous ai quittés lorsque j'ai fait mon charmant voyage au Costa Rica. Il est temps que je vous raconte l'aventure mais avant je dois vous dire que pour parler de liberté, il faut se sentir libre et je dois vous avouer que les années 2015 et 2016 ont plus été des années de non liberté, elles ont été des années de deuil. J'ai vécu mes deuils. Je croyais, après le décès de maman en décembre 2012, la mort de Paul en janvier 2014, le départ de Justine pour vivre en France en 2013, et le travail qui était en diminution, je croyais qu'en décembre 2015, madame avait réussi un exploit, elle avait terminé ses deuils. Madame se la pétait bien haut. Et madame est redescendue bien bas.

Le voyage au Costa Rica m'a placée directement dans la mouvance de mes deuils. Je vous raconte.

Comme ça fait longtemps, je vous rappelle que j'étais partie pour 43 jours dont les 9 premiers ou j'étais seule pour ensuite recevoir ma fille et son mari qui venaient pour 2 semaines et retomber toute seule pour le reste du voyage. Je me sentais bien brave. Y'a des femmes qui voyagent seules, je suis bien capable aussi, que je me disais.

J'ai pleuré ma vie durant ce voyage.

Je le sentais avant mon départ. Mon amie Catherine est venue me reconduire à l'aéroport et elle devait me pousser pour que j'avance. Je partais passer l'hiver dans le Sud, au Costa Rica, qui est l'endroit de rêve pour des vacances, au dire de plusieurs en tout cas et moi, je ne voulais plus y aller. 

Une fois dans l'avion, j'étais placée côté hublot précédée par 2 hommes qui parlaient anglais. Ils se sont mis à parler ensemble. Je vous dis que lorsque je les ai dérangés pour un petit besoin urgent, c'est un fait que je les ai bien dérangés.

Tout le long du trajet, je me disais "Pourquoi tu t'en vas là-bas?" "T'aurais du rester chez toi." Je ne le sentais pas mais pas du tout et j'avais tellement raison.

Une fois rendus au Costa Rica, je vais à la courroie des valises, j'attends, j'attends, toutes les valises sont ramassées, plus rien sur la courroie, mon autocar m'attendait, le chauffeur s'impatientait et moi, je commençais à m'inquiéter. Je vais me renseigner, mes valises n'étaient pas du voyage. Me voilà ben amanchée comme on dit ici.

Un commis prend mes coordonnées, essaie de me rassurer me disant que j'aurais mes valises le lendemain. Je cours rattraper mon autocar et nous partons, les autres voyageurs avec leurs valises et moi avec mes pas de valise, juste mon sac avec mon ordinateur parce que j'avais apporté mon ordinateur qui remplaçait les vêtements qu'on apporte au cas ou nos valises n'arriveraient pas. J'avais dans mon sac, une paire de sandales, une blouse d'été et des petites culottes, c'est tout. Je portais des pantalons d'hiver, mes bottes d'hiver, des pantalons longs et un gilet. Une chance que j'avais mes sandales. Il faisait 32 degrés après tout.

La route a été très longue pour arriver à Playa Flamingo qui, sur les photos sur Airbnb était situé sur la plage, tout près des restos et tout près de petits endroits adorables. La maison pouvait accueillir 6 personnes. Nous serions bien.

Une fois arrivés là-bas, dans la savane costaricaine, l'autocar m'a abandonnée dans un endroit désertique, pas d'âme qui vive mais ou les chiens hurlaient leur vie. Je voulais m'accrocher à l'autocar et crier à tout le monde qu'ils ne pouvaient pas me laisser là. Mais non, c'était ma place et j'y étais pour 43 jours.

Une femme de ménage est sortie, ne parlait qu'espagnol, elle m'a reconduite à ma maison et m'a aussi abandonnée à moi-même.

Je suis entrée dans la maison et là, je vous dis, j'ai senti la solitude, l'abandon et la peur m'envahir. Je ne m'étais jamais sentie aussi seule de toute ma vie. Pis j'avais même pas de valise à défaire pour m'occuper.

J'ai fait le tour de la maison, qui était grande mais très rafistolée pour que ça paraisse bien sur les photos pour la location. Le poêle et le frigidaire étaient recouverts d'un genre de papier collant imitation de nickel, le frigidaire ne fermait pas correctement et la porte du fourneau tombait quand on l'ouvrait. L'air climatisé était dans la chambre principale. Je me suis assise dans le salon ou la télévision datait d'au moins 20 ans, ou les divans dataient d'au moins 40 ans et j'ai regardé dans le vide. On aurait dit que mon cerveau ne fonctionnait plus. Je crois que mon état de panique me figeait sur place.

Je suis ressortie de la maison pour chercher des gens, j'étais seule, oui, j'étais dans un genre de complexe de maisonnettes mais personne aux alentours. Je suis allée voir la piscine espérant y trouver des touristes, personne non plus. Tout ce que je rencontrais était la solitude, le face à moi-même.

Je suis entrée à nouveau et j'ai ouvert mon ordinateur, il y avait le wi-fi. J'ai appelé mon amie Catherine sur Skype et là, ma pauvre Catherine a eu droit à une scène de larmes tellement intense que petit Louis, son fils, pleurait à me voir pleurer autant.

J'ai essayé de me ressaisir et je suis partie, à pieds, à la recherche de la plage. En sortant du complexe, nous étions sur une route comme la 132, une route très passante avec des ravins de chaque côté. J'ai marché, j'ai marché en me disant que si quelqu'un me frappait ici, on ne me retrouverait jamais, que c'en était terminé pour moi.

Et la plage, et les restos et les petits endroits étaient inexistants. À côté de la route, à côté des ravins, des arbres, des palmiers, des édifices délabrés mais pas de petits restos. J'ai croisé des hommes, le coeur m'a serré, je me suis inquiétée. À moment donné, je suis arrivée en face d'une petite boutique qui semblait vendre des t-shirts, boutique faut le dire vite, presque rien à l'intérieur, 2, 3 racks de n'importe quoi mais rien pour moi. L'homme me demande si je vais bien et je me mets à pleurer encore. Il est tout mal de me voir, il me fait asseoir. J'ai pris des cours d'espagnol mais rien ne sort sauf des larmes. Il essaie de me parler en anglais, m'explique que la plage est à 3 kilomètres et les restos aussi. Je pleure encore plus. Je suis découragée.

Je reviens à la maison. La dame de la maison d'à côté est là, elle fait sortir ses 4 chiens jappeurs qui vont rejoindre les 2 autres chiens jappeurs de l'autre voisin. Je vais à sa rencontre, elle, elle ne parle qu'espagnol mais me fait savoir qu'il y a un homme qui parle français dans le complexe. Nous y allons. J'aimerais bien pouvoir m'acheter à manger, pouvoir aller m'acheter du linge. Il me dit qu'il est désolé mais qu'il ne peut pas m'aider. Je suis entrée dans la maison et là j'ai re-pleuré. Je m'étais placée dans un sale pétrin mais comment m'en sortir?

Une quinzaine de minutes plus tard, l'homme qui parlait français est venue pour m'offrir de m'amener m'acheter à manger, il a eu pitié de moi. Comme nous étions le 22 décembre, il me dit que c'est tout ce qu'il pouvait faire pour moi car le lendemain matin, il partait avec sa famille pour les fêtes de Noel. La voisine m'offre d'utiliser une bicyclette pour me déplacer. Ben oui, je me voyais bien à bicyclette sur la 132 avec les autos qui filaient à vive allure !!! (sarcasme)

Je vais avec l'homme à l'épicerie et il me recommande de m'acheter beaucoup de crème solaire car, par les temps qui courent, il y a des moustiques qui transmettent des maladies avec de la fièvre, qu'il me fallait faire très attention. Il me fait visiter le village, m'amène à la plage et ce sera tout ce que j'aurai vu de Playa Flamingo de tout mon voyage. Je ne resterais pas là !

Suite dans un prochain article. Je vous ménage.

 

do 28/03/2017 16:18

à quand la suite!!?

Une aînée en liberté 28/03/2017 16:31

Aujourd'hui.