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J'ai rencontré M. The price is right

Vous avez déjà sûrement vu l’émission américaine “The price is right”. Les participants doivent dire quel est le prix des objets et celui ou celle qui est le plus près, gagne.

Et bien moi, j’ai rencontré Monsieur The price is right en personne. Pas celui qui anime l’émission…

Je vous raconte.

Lorsque je me suis séparée, je n’avais vraiment pas le goût d’aller dans les bars et les discos pour pouvoir rencontrer un homme. Je croyais à ce moment qu’il était essentiel, pour être heureuse, d’avoir un homme dans sa vie. Ce fut donc la première chose que j’ai faite, après avoir déménagé, me chercher un homme…

Quoi de mieux que de donner le mandat à quelqu’un d’expérience, qui a une banque d’hommes à te présenter et je nomme : une agence de rencontre. Pas n’importe laquelle, celle située dans le quartier huppé de la ville. Pourquoi ne pas se donner toutes les chances possibles?

Je prends donc rendez-vous à la dite agence située sur la rue du Parc, celle qui réussissait à tout coup. Après la première rencontre, première déception, la dame devait faire une vidéo de moi pour le présenter à mes soupirants mais elle décide que ce serait très facile de me « caser », juste une photo (je suis tellement photogénique) et une rencontre, feraient l’affaire.

Elle me dit que pour 600 $, j’ai droit de faire la rencontre de 6 hommes qu’elle aurait choisis pour moi, selon mes critères. Elle était certaine de faire le match parfait. C'est certain, une si belle jeune femme de 46 ans.

Elle m’organise un premier rendez-vous. Deuxième déception, il me vient à l’épaule, j’irais jusqu’à dire, il me vient au-dessous du bras, il pèse la moitié de mon poids, il est chauve et en plus, il m’avoue qu’il est encore amoureux de son ex. Sûrement un stratège pour se débarrasser de moi j’en conviens. Je saute sur l’occasion pour lui dire que ça ne ferait pas.

J’appelle la Madame de l’agence le lendemain matin pour lui faire savoir que ça ne fonctionnerait pas; il l’avait déjà appelée.

Elle m’organise une autre rencontre mais cette fois-ci, avec un anglophone. Lorsqu’elle me demande si je parle anglais, je lui dis que je peux me débrouiller (c’était la vérité du moins je croyais). Elle me dit qu’il est anglophone mais qu’il parle un peu français.

Cette rencontre ne fut pas très longue, nous sommes allés dans un petit resto, j’ai baragouiné mon anglais comme je le pouvais et je ne comprenais rien à ce qu’il disait. Je crois qu’il venait de l’Australie. - Troisième déception.

Elle me rappelle et m’organise un troisième rendez-vous. Toute fière, elle me dit que c’est un monsieur qui demeure tout près de Mont Royal, dans un superbe condo. Il demande que j’aille le rejoindre chez lui. C’était sans danger, me dis-je, ELLE avait toutes les coordonnées, si je disparaissais, on finirait par me retrouver. De toute façon, je ne suis pas très peureuse.

Je me rends donc à son superbe condo. Il me fait entrer. Il me fait assoir. Il est roux. Je n’ai rien contre les roux mais lui, il est roux très pâle avec une peau très très pale. On peut dire un roux égal. Je me fais une idée. Je m’assois.

Il m’offre du vin nouveau qu’il venait d’aller chercher à la Régie tout spécialement pour l’occasion, bouteille qu’il a payée 15 $ me fait-il savoir.

En attendant, je regarde autour de moi, c’est très chic, il semble collectionner les canards en bois. Il en a de toutes les sortes, de toutes les couleurs, de toutes les grosseurs. Je lui dis que je trouve ses canards très beaux. Il m’informe qu’il les a payés 800 $ pièce. OOOOh, me dis-je!

Et là-dessus, je lui rappelle que notre rendez-vous en était un dans le but de rencontrer quelqu’un pour peut-être faire un bout de chemin ensemble. Toujours avec mon grand sens de l’humour, je lui dis que probablement qu’il trouvera cela difficile lorsque Justine qui avait 8 ans à ce moment-là, jouerait dans le bain avec ses canards à 800 $ pièce.

Il fait sûrement semblant de ne pas entendre et continue la liste des prix. Il venait de changer les tentures de son salon qu’il a payées 3 500 $. Les chaises sur lesquelles nous étions assis valaient chacune 2 500 $ et je commençais à trouver cela pas mal pesant, mon idée étant déjà faite.

Histoire de changer un peu le cours de la soirée, je lui demande ce qu’il a prévu pour la suite. Il me dit que nous irons à son restaurant préféré sur Sherbrooke. Je lui fais connaître mon empressement, j’ai une faim de loup et j’ai surtout hâte que la soirée finisse. J’aurais pu lui dire que c’était fini mais j’étais curieuse d’en savoir plus sur le phénomène.

Après m’avoir parlé du prix de la lampe, nous partons pour ledit restaurant.

En cours de route, il me raconte sa vie avec son ex (comme si ça pouvait m’intéresser…), qu’elle l’avait obligé à acheter sa montre à 4 000$ qu’il porte au poignet ainsi que la Mercédès dans laquelle nous étions à 75 000 $. « La pas fine, elle lui a fait acheter tout cela pour le quitter pas longtemps après ». Savez-vous, je l’ai trouvée courageuse cette femme, pas de l’avoir quitté, mais d’avoir sorti avec.

Nous arrivons à ce chic restaurant où tous les employés connaissaient mon prétendant. On lui demande comment avait été son opération. Il me dit qu’il s’était fait opérer les yeux au laser à 2 500 $ chaque œil.

Il m’invite à prendre la même chose que lui, ce que je fais pour activer le processus. Il prend une table d’hôte.

J’ai oublié de vous dire que j’avais pris quelques livres et je ne voulais pas que ça se voit. J’avais donc mis pour l’occasion un dessous en lycra, un body. Ce fut la dernière fois que j’ai porté une telle chose. C’est un long soutien-gorge qu’on attache entre les 2 jambes, un genre de guêpière mais pas de jarretelles qui fait en même temps une gaine et une culotte. Une fois le haut installé, faut réussir à attacher la partie du bas, tire fort vers le bas par en arrière, tire fort vers le bas par en avant, tient tout cela à bout de bras pour enfin réussir par attacher les petites attaches qu’on voit seulement par l’imagination. Les bras t'en tremblent tellement c'est serré. Pas facile. Le principe de l’attirail est de faire rentrer le 10 livres en surplus tout en se rappelant que ces 10 livres, elles sont toujours là mais, en dedans.

Nous avons commencé à manger, rendus au dessert, ma gaine me faisait mourir, je commençais à avoir de la difficulté à respirer tellement c’était serré. Je suis allée à la toilette où là je me suis soulagée, oui soulagée comme vous l’entendez mais soulagée de cette gaine en la détachant, en prenant un peu d’air.

Au moment de la rattacher, je ne sais pas si c’est le repas qui avait augmenté le contenu à y faire entrer, j’ai eu beau tirer les morceaux, pas moyen d’attacher. Y’avait pas juste les bras qui me tremblaient, tout le corps et même le cœur. Je me suis résignée et j’ai pris la décision de ne pas attacher le bas tout en m’assurant que c’était bien en place. Erreur !

Que pensez-vous qu’il est arrivé lorsque je me suis assise ? Que pensez-vous que le petit gras en trop fait quand il sent une brèche ? Et, nous avons affaire ici à du lycra. Tout le gras a sorti par en bas et le body a remonté, comme une toile. Blup !

Ça m’a fait un rouleau autour de la taille tellement serré que je croyais perdre connaissance. J’avais de la misère à respirer, j’étais inquiète, sur le bord de la panique, vraiment. Et je ne pouvais surtout pas en parler, il me fallait penser vite, très vite.

J’ai demandé l’heure à Monsieur The price is right. De sa montre à 4 000 $, il m'indique qu’il est 8 h 30. Et moi, de lui indiquer ma montre et de lui dire : « C’est spécial, même heure! 150 $! ».

Et je lui ai demandé gentiment de me ramener chez lui pour que je retourne chez moi au plus vite. Il paya l’addition et sans rien dire, il me ramena. Je crois qu'il était choqué. La madame de l’agence m’a téléphonée le lendemain, choquée contre moi pour me dire que le monsieur s’était plaint.

Elle me doit toujours 3 rencontres que j’imagine n’aurai jamais et j’ai pris depuis au moins un autre 10 livres. J’ai fait disparaître mon body qui a manqué faire une mort en ce soir de septembre 1996.

À bientôt.

OUF !

OUF !

Géraldine Mallet Haché 12/11/2014 02:17

Woww tu as de belles histoires à raconter. Tu ne peux pas faire autrement que de sourire du début à la fin et même rire aux éclats... Je te dit que ta vie est vraiment pas plate. Continue de nous faire rire. Tu as fait ma soirée... Bonne soirée et Bonne nuit à toi... xx xx

Nathalie 05/11/2014 00:11

Trop drôle!!!

Une aînée en liberté 05/11/2014 00:18

Merci.

Andrée 04/11/2014 15:38

Je suis crampée de rire. Cré Francine! Quand tu racontes tes difficultés à attacher ton body, j'en avais 1 moi aussi et précisément, je me pinçais même quelque fois en l'attachant... Bonne chance dans ta recherche; dis-moi si ça fonctionne, moi aussi je cherche...

Une aînée en liberté 04/11/2014 16:04

Allo Andrée,
Comme tu peux le constater, cette rencontre a eu lieu en 1996. Je venais de me séparer d'avec Paul et depuis, j'en ai rencontré d'autres, j'ai continuer ma relation avec Paul à distance, maintenant qu'il est décédé, peut-être que je vais reprendre la recherche mais honnêtement, j'apprends de plus en plus à vivre seule et je m'en porte très bien. À moins que la vie en décide autrement, qu'elle me fasse une surprise. On ne sait jamais. Merci pour ton commentaire et bonne journée.

Adrienne 03/11/2014 01:40

Chère Francine... c'est "crampant"!! Tu es si belle et avec ton sens de l'humour en plus!!! Incroyable que tu n'aies pas encore trouvé la perle rare! Certainement une question de temps! xx

Une aînée en liberté 03/11/2014 03:56

T'es trop gentille ma chère Adrienne. Peut-être que dans le fond, la perle rare, je la rencontre souvent mais que je ne m'y attarde pas. Je suis bien seule, de plus en plus.
Merci pour ton commentaire.
xxx

Christine 02/11/2014 05:41

Mon Dieu que tu me fais rire!!!!! Merci pour ce bon moment. Tu es vraiment la plus top des marraines. Je t'admire et je t'adore!
P.S. Ton prochain amoureux t'adorera aussi ça c'est sûr!! ;-)

Une aînée en liberté 02/11/2014 12:52

Merci pour ce commentaire. Je t'adore aussi.
Tu sais que tout ce que je raconte est totalement vrai. Incroyable et mémorable cette soirée
XXX