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Le Costa Rica - Suite et fin

Le Costa Rica - Suite et fin

Le lendemain, j’étais prête très tôt pour mon départ vers ma nouvelle vie. Enfin sortie de ce problème. La ville de Tamarindo m’avait plu, surtout la vie qu’il y avait là. Ça va me faire bien différent d’ici.

Mon taxi arrive à l’heure prévue et il m’amène à ma délivrance, du moins c’est ce que je crois.

Nous arrivons aux condos. C’est bien! Le propriétaire m’accueille et vient me présenter ma chambre. D’un condo, j’étais réduite à une chambre. Ce n’était pas grave, la mer était à 300 mètres, je l’avais vue, je pourrai me faire bronzer, aller au resto. Enfin !!!

Une fois passée l’entrée principale, nous traversons un large corridor où à sa gauche, il y a une piscine, très petite piscine, on dirait plus un bain de pieds, c’est une piscine intérieure et à sa droite de grandes vitrines qui devaient être prévues pour des magasins mais d’où on ne voyait que d’immenses rideaux à l’intérieur comme pour cacher ce qu’il s’y passe.

Un peu plus loin, il y a aussi de grandes vitrines; les rideaux ont été ouverts et je vois très facilement la vie à l’intérieur. Ils sont deux, ils discutent.  L’homme est torse nu. Ils semblent demeurer dans cette cage de verre.

Nous nous arrêtons juste avant ces grandes vitrines, devant une porte toujours vitrée et l’homme prend une clé et l’ouvre. C’était ma chambre. Une grande chambre avec vue sur… le bain de pieds intérieur et pas d’autre issue et surtout avec vue sur les rideaux.

Du condo que j’imaginais avec balcon, me voici dans une chambre avec un lit, une table, un fauteuil et une salle de bain. Et des rideaux… verts… qui font toute la largeur de la chambre et une fois ouverts, donnent sur le monde, le monde qui nous voit en passant, qui nous regarde comme des animaux de cirque.

Je prends mon partie de la situation, dépose mon sac à ordinateur et mes sacs de nourriture que j’avais achetée et m’assoie sur le lit. Je regarde à nouveau dans le vide.

Ressaisie-toi ma Francine tu es près de la mer, je vais toujours bien en profiter mais avant, je vais appeler la compagnie aérienne pour les aviser de livrer mes valises ici et non plus à Playa Flamingo, elles doivent arriver le lendemain, jour de Noël. Ce sera un beau cadeau.

Bon… mes valises n’arriveront pas demain, « peut-être » samedi. Ils ne peuvent pas le dire car elles ont été placées sur un autre vol d’une autre compagnie et attendent de savoir quand ils pourront me les apporter. Non mais !!! Ça se peut pas !

Regardant la chambre, regardant ZE vue, me regardant dans tout mon désespoir, je leur ai dit de les retourner à Québec  car moi je ne resterai pas. Je veux prendre le prochain vol pour m’en revenir au Québec. À ce que je peux voir, ici au Costa Rica, en ce moment, rien ne fonctionne pour moi et je n’ai pas espoir que ça s’améliore.

Une fois cette décision prise, j’avise le propriétaire du « condo » que je repartirai le samedi matin et je pars à la découverte de cette belle petite ville.

Nous sommes un peu en retrait de la ville mais tout près, il y a une petite route pour se rendre à la plage et à droite, sur cette petite route, devant la mer,  un beau petit resto italien. Il n’y a pas grand monde mais ça semble très bien.

Je continue ma route pour aller à la mer. Je marche sur la plage, j’aimerais bien aller dans l’eau mais qui surveillera ma sortie de plage, ma clé, mon argent, mes sandales ? Un passant ? Je me résigne que la baignade dans la mer sera pour une autre fois, quand ? Je ne sais pas. Je rencontre une québécoise, elle me fait la conversation et m’invite à aller avec elle retrouver son mari et ses 2 enfants. Ils n’ont pas de place où rester et se cherchent un endroit rapidement pour la soirée pour ensuite repartir pour Samara. Je refuse son invitation. Même si elle est québécoise, je suis devenue méfiante, de toute façon, elle insistait vraiment trop.

Je me suis arrêtée au retour au petit resto italien. Là par exemple, j’ai rencontré des gens très sympathiques. Ils parlaient italien et anglais en plus de l’espagnol. Comme c’était tranquille, la propriétaire s’est assise avec moi. J’ai enfin mangé un vrai repas. Il était délicieux, je me serais sentie en Italie. Je les ai adoptés et ils m’ont adoptée aussi  sûrement parce que je faisais trop pitié à leurs yeux mais au moins, j’avais des gens avec qui parler.

J’ai déjeuné, dîné et soupé au petit resto italien et cela jusqu’à mon départ, je m’y sentais en sécurité. Ils plaçaient des gens avec moi pour que je ne sois pas seule. Un soir, un monsieur d’à peu près mon âge est arrivé et ils lui ont demandé de s’assoir avec moi. Me regardant, il a dit non et j’ai vu dans son visage tous les trop et les pas assez que je pouvais lui inspirer.

Je vous épargne les 2 jours qui ont précédé mon départ où je n’ai fait qu’errer dans la ville et sur la plage et où j’ai collé au resto, toujours les yeux dans l’eau prête à éclater.

Mais je dois vous raconter le matin du départ. Je suis allée déjeuner et faire mes adieux aux gens du resto. Ils ont placé leur petit garçon à ma table qui jouait avec des légos. Les tables de dehors étaient placées sur des galets donc assez chambranlantes.

Je commande un déjeuner copieux avec jus, œufs, café. Le petit est assis en face de moi. Comme je reçois mon festin qu’ils viennent juste de déposer, le petit pousse la table avec son pied comme pour pousser sa chaise. La table a basculé vers moi et j’ai reçu, sur mon seul pantalon à me mettre, tout mon déjeuner. Je me suis relevée en vitesse mais le mal était fait et je partais 2 heures plus tard.

J’habille du 12 ans et la propriétaire habille du 8 ans environ. Elle me fait enlever mon pantalon et me prête un des siens.  J’ai un manque à gagner d’au moins 4 pouces qui révèle les dessous d’une jeunesse de 65 ans. Ils mettent mon pantalon au soleil et me servent un autre déjeuner.

Une heure plus tard, je vais vérifier mon pantalon qui sèche bien sous le soleil ardent. Je le retourne et oh malheur, ils l’ont placé sur un banc dont la peinture est encore fraîche.

J’ai réussi à prendre mon autobus pour l’aéroport à temps avec un pantalon avec une barre blanche au derrière et une fois dans l’avion, j’étais assise à côté d’un couple qui se bécotait. Je vois qu’il y a des sièges de libres à ma droite et me dis qu’aussitôt partis, je vais me déplacer. Le petit couple n’a pas pris de chance et ils m’ont demandé de changer de place avant le départ.

Et c’est comme cela que se termine ce voyage que je considère comme initiatique. J’ai pleuré presqu’ à chaque minute mais une fois rendue à Québec, j’ai réalisé à quel point j’étais chanceuse d’avoir ce que j’ai, d’avoir la famille qui m’entoure, ma fille qui aura un petit bébé et depuis ce temps, je vis dans la gratitude. J’étais bien contente de retrouver notre hiver québécois moi qui voulais le fuir à tout prix mais le prix à payer là-bas était encore trop grand.

Le lendemain de mon arrivée, on m’a appelée pour me livrer mes valises et là j’ai su que le cauchemar était terminé.

Je ne dis pas que je ne retournerai pas un jour au Costa Rica, je ne peux pas croire que ce pays me sera encore aussi hostile qu’en ce mois de décembre 2014.

Merci de m’avoir lu.

 

Une aînée en liberté dont la liberté a été pas mal ébranlée.

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Costa Rica – suite mais pas la fin

Costa Rica – suite mais pas la fin

En tout premier, je tiens à m’excuser auprès des personnes inscrites à mon infolettre, je vous ai inondées de messages et j’en suis bien désolée. Comme je revenais sur Over-blog après deux ans d’absence et qu’ils avaient modifié considérablement la plate-forme, lorsque je publiais, rien n’indiquait que c’était fait et dans mon empressement, j’ai publié, j’ai publié, j’ai publié et cela autant de fois que vous avez reçu mon courriel. Ça ne s’affichait jamais sur FB et je me disais que rien ne fonctionnait. Mais non…

Maintenant que mes excuses sont faites, nous pouvons continuer le récit.

À la fin du premier récit, vous avez bien compris que ce n’était pas de crème solaire que j’avais à acheter contre les moustiques mais bien du chasse-moustiques. J’ai aussi acheté de la crème solaire bien entendu au cas où à moment donné, je pourrais aller m’étendre au soleil et profiter de cette lumière ardente que le Costa Rica m’offrait.

Donc, après le petite virée aux alentours, accompagnée de l’homme qui parle français et qui a eu le gentillesse de me venir en aide, je suis résolue, je ne resterai pas dans cet endroit.

Revenue à la maison, la voisine vient à ma rencontre et m’informe que son ami est taxi et me donne son numéro de téléphone.

Je mange un peu et je me résigne à me coucher. Arrivée dans la chambre, elle est glaciale à cause du climatiseur qui tire son air directement sur  le lit et aussi à cause du ventilateur au plafond juste au-dessus du lit qui est à max comme le climatiseur d’ailleurs. Je cherche à éteindre sinon les 2, au moins réduire l’air climatisé et fermer le ventilateur. Je tire sur les chainettes du ventilateur, rien ne se passe, je cherche la manette du climatiseur, ne trouve rien.

Il y a bien une autre chambre mais là, elle est comme un four. Il me faut choisir, l’enfer ou la froidure. Comme je suis déjà dans l’enfer, je préfère la froidure. J’ouvre donc le petit drap blanc très mince qui fait office de couverture et je m’étends. J’ai l’impression d’être  couchée sur une planche tellement le lit est dur.

Quelques minutes plus tard, je suis frigorifiée, le petit drap ne coupe pas le froid. Je me relève pour chercher d’autres couvertures, fais le tour des chambres, rien.

Il ne me reste que mon manteau. Je l’enfile et prends bien soin de mettre mon capuchon, j’ai le nez et les oreilles gelées. Mon manteau est court, je me bats pour essayer de me mettre les pieds à l’intérieur, sans succès. Je finis par m’endormir, les yeux roulant toujours dans l’eau.

Le lendemain matin, à mon réveil, soudainement, je me rappelle où je suis. Ah mon Dieu, le découragement me reprend. Je me sens prisonnière, sans ressource, j’aimerais que ce soit un cauchemar et que je vais me réveiller mais non, je viens de le faire, me réveiller. Mes pensées vont vers Mandela, j’ai l’impression de ressentir son désarroi, son impuissance. Il lui en a fallu du courage pour se réveiller à chaque matin, prisonnier, dans une minuscule cellule et cela pendant près de 28 longues années. Mandela était un battant, il n’a peut-être jamais senti ce désarroi étant toujours certain de remporter la bataille et je me lève, toujours dans mon manteau et je suis de plus en plus décidée à partir de là.

Je déjeune, j’appelle la compagnie aérienne pour savoir à quel moment de la journée je recevrais mes valises. Quelles valises ? Ils n’ont pas mes valises, elles sont restées à Toronto. Je les recevrai jeudi et nous sommes mardi le 23 décembre. Ça ne s’arrange pas. La dame m’informe qu’ils m’allouent un budget de 250$ US pour que je puisse m’acheter des vêtements.

J’appelle le taxi pour qu’il m’amène dans les magasins. Un chauffeur de taxi doit certainement parler anglais, ce sera plus simple.

Il ne parle qu’espagnol.

Je lui baragouine Amiga, Playa Flamingo, mercado. Dire que dans mes cours d’espagnol, j’ai déjà fait une phrase disant que je voulais aller magasiner mais là plus rien. Avant mon départ, j’ai pris des cours d’espagnol pendant quatre mois, deux fois semaine et c’est le néant. J’étais pas des plus douées (je crois que je n’avais pas à vous le mentionner) mais je pouvais dire l’essentiel mais je réalise que quand l’essentiel arrive, l’essentiel ne sort pas.

Faut que je vous dise qu’avant d’appeler le taxi, j’ai skyper avec ma fille qui demeure en France et qui doit venir me rejoindre dans quelques jours. Avec le décalage horaire, je n’ai pas pu la skyper avant. Une autre surprise m’attendait.

Ma Justine s’était cassé le bras juste avant mon départ, ils avaient dû l’opérer et j’espérais que tout se déroulait bien pour qu’ils puissent venir me rejoindre comme prévu. J’avais huit jours à attendre, je finirais par m’y faire. De toute façon, les choses se replaceraient. Ça pouvait pas continuer, mes valises arriveraient, au pire je profiterai de la piscine en les attendant et je pourrais même me louer une voiture. L’espoir me reprenait. En fin de compte, je resterais peut-être. Après tout, j’avais déjà payé pour les 43 jours, j’avais comme intérêt à m’y faire et j’avais invité Justine et son mari à venir me rejoindre.

Après lui avoir pleuré tout ce que j’avais à pleurer, elle me dit : Maman, j’ai une grande nouvelle, je te l’annonce à toi avant tout le monde…, je suis enceinte.

Je continue de pleurer mais de joie, je vais être mamie, fais attention à toi ma chérie, je t’aime. Profitant du fait que je lui dise de faire attention à elle, elle m’annonce qu’il est dangereux de faire des vols d’avion en haute altitude lors des premières semaines de grossesse, qu’il est dangereux qu’elle perde le bébé. Après un silence et un malaise évident, elle m’annonce qu’elle ne veut plus venir au Costa Rica. Qu’elle regrette. L’espoir vient de me quitter à nouveau. En fin de compte, c’est quoi de l’espoir ?

Je suis tiraillée entre le bonheur de devenir mamie et ma situation ici. Qu’est-ce que je fais maintenant ? 43 jours toute seule, j’ai beau penser à la piscine, ce n’est plus suffisant et me promener en voiture, toute seule, dans un endroit perdu où la peur me coupe toute envie d’être là. Je fais quoi? Je vois mon argent s’envoler mais là je suis certaine que je ne resterai pas, plus question.

Je pense à mon amie Christine qui vit à Samara, je la skype à son tour. Peut-être qu’elle a une chambre qu’elle peut me louer puisque c’est ce qu’elle fait, recevoir des touristes. D’ailleurs j’aurais dû m’en aller là, chez elle mais j’ai voulu faire à ma tête, avoir un endroit avec ma fille et son mari. Un endroit près des plages, avec air climatisé et tout près d’une école d’espagnol parce que je ne vous ai pas dit que je m’étais aussi inscrite pour les 3 dernières semaines à des cours d’espagnol « tout près » de la maison.  Et que j’avais fait un dépôt.

Mon amie Christine m’écoute, je pleure encore bien entendu. Elle est bien désolée, c’est le temps des Fêtes et elle n’a plus de chambre à louer. Il y a peut-être son cousin mais sa maison est dans les montagnes, loin de la ville et de la plage, elle m’envoie des photos, elles sont belles mais être toute seule dans la forêt ou toute seule dans la montagne, c’est toute seule. Je resterai donc ici jusqu’à ce que je trouve une autre solution et j’avais beaucoup à perdre. Christine essaie de me faire comprendre à quel point le fait de rester me ferait grandir mais là, plus question, je suis assez grande comme je suis.

Le taxi arrive. Ouf! Une vieille voiture presqu’en décomposition, j’embarque, qu’aurais-je pu faire d’autre? Il m’amène dans un village voisin, dans un magasin ressemblant à un Dollarama. Je lui fais comprendre en langage gestuel que ce n’est pas ce que je veux. On repart et là nous allons à Tamarindo. Bel endroit de villégiature, grouillant de monde et sur la plage. Il me laisse à un petit centre d’achats, je lui indique de m’attendre. Il comprend.

Je me suis trouvée un maillot, un ensemble short et blouse, sortie de plage et une robe. À la caisse, je tente de me faire comprendre et une jeune cliente reconnait mon accent. Elle me dit : « vous êtes québécoise? » Wow ! enfin quelqu’un à qui je peux parler que je me dis. « Vous demeurez où? » Playa Flamingo. « Ah mon Dieu, vous êtes dans un endroit perdu! » Je le sais et je n’aime pas ça. « J’ai mon beau-père qui possède des condos tout près d’ici et sur la plage, voulez-vous avoir ses coordonnées? Je crois qu’il en a un à louer. » Certainement!

Mais qui dit condo, dit gros prix. En tout cas, je ne perds rien en l’appelant.

Nous retournons à la maison. Je mange encore des toasts, quelques fruits et m’assoie sur le divan. J’essaie de lire mais je suis incapable de me concentrer. Je vais marcher un peu dans le complexe, il n’y a toujours pas âme qui vive parce que j’ai fini par comprendre qu’ici, je suis dans la seule maison qui est louée aux touristes, les autres sont louées à l’année et les gens soit ils travaillent ou s’en vont fêter Noel dans leur famille. Un beau Noel joyeux qui s’annonce pour moi. Je m’étais imaginée aller à la plage, aller au resto, rencontrer des touristes… Et même peut-être rencontrer l’âme sœur…

J’appelle le propriétaire des condos qui est aussi québécois, il a un condo à louer, me demande si je veux visiter.  Le prix est le double de la maison mais rendue ou j’en suis, j’accepte. Il m’attend demain matin vers 10 h. Je réserve le taxi.

À 19 h, je vais me coucher. Je suis épuisée et je réussis à m’endormir dans ma glacière toujours dans mon manteau me disant que le lendemain, c’est une nouvelle vie costaricaine qui m’attend. Mon cœur est rempli d’espoir.

Je veux encore vous ménager. Je continue demain.

 

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La liberté et le Costa Rica

Le volcan que j'ai vu des airs seulement.

Le volcan que j'ai vu des airs seulement.

Bonjour vous toutes et tous (les quelques hommes qui pourraient me lire),

Il y a déjà plus de deux ans que je n'ai pas écrit sur mon blogue, je le gardais ouvert me disant qu'à moment donné j'y reviendrais. Bien c'est aujourd'hui.

Je vous ai quittés lorsque j'ai fait mon charmant voyage au Costa Rica. Il est temps que je vous raconte l'aventure mais avant je dois vous dire que pour parler de liberté, il faut se sentir libre et je dois vous avouer que les années 2015 et 2016 ont plus été des années de non liberté, elles ont été des années de deuil. J'ai vécu mes deuils. Je croyais, après le décès de maman en décembre 2012, la mort de Paul en janvier 2014, le départ de Justine pour vivre en France en 2013, et le travail qui était en diminution, je croyais qu'en décembre 2015, madame avait réussi un exploit, elle avait terminé ses deuils. Madame se la pétait bien haut. Et madame est redescendue bien bas.

Le voyage au Costa Rica m'a placée directement dans la mouvance de mes deuils. Je vous raconte.

Comme ça fait longtemps, je vous rappelle que j'étais partie pour 43 jours dont les 9 premiers ou j'étais seule pour ensuite recevoir ma fille et son mari qui venaient pour 2 semaines et retomber toute seule pour le reste du voyage. Je me sentais bien brave. Y'a des femmes qui voyagent seules, je suis bien capable aussi, que je me disais.

J'ai pleuré ma vie durant ce voyage.

Je le sentais avant mon départ. Mon amie Catherine est venue me reconduire à l'aéroport et elle devait me pousser pour que j'avance. Je partais passer l'hiver dans le Sud, au Costa Rica, qui est l'endroit de rêve pour des vacances, au dire de plusieurs en tout cas et moi, je ne voulais plus y aller. 

Une fois dans l'avion, j'étais placée côté hublot précédée par 2 hommes qui parlaient anglais. Ils se sont mis à parler ensemble. Je vous dis que lorsque je les ai dérangés pour un petit besoin urgent, c'est un fait que je les ai bien dérangés.

Tout le long du trajet, je me disais "Pourquoi tu t'en vas là-bas?" "T'aurais du rester chez toi." Je ne le sentais pas mais pas du tout et j'avais tellement raison.

Une fois rendus au Costa Rica, je vais à la courroie des valises, j'attends, j'attends, toutes les valises sont ramassées, plus rien sur la courroie, mon autocar m'attendait, le chauffeur s'impatientait et moi, je commençais à m'inquiéter. Je vais me renseigner, mes valises n'étaient pas du voyage. Me voilà ben amanchée comme on dit ici.

Un commis prend mes coordonnées, essaie de me rassurer me disant que j'aurais mes valises le lendemain. Je cours rattraper mon autocar et nous partons, les autres voyageurs avec leurs valises et moi avec mes pas de valise, juste mon sac avec mon ordinateur parce que j'avais apporté mon ordinateur qui remplaçait les vêtements qu'on apporte au cas ou nos valises n'arriveraient pas. J'avais dans mon sac, une paire de sandales, une blouse d'été et des petites culottes, c'est tout. Je portais des pantalons d'hiver, mes bottes d'hiver, des pantalons longs et un gilet. Une chance que j'avais mes sandales. Il faisait 32 degrés après tout.

La route a été très longue pour arriver à Playa Flamingo qui, sur les photos sur Airbnb était situé sur la plage, tout près des restos et tout près de petits endroits adorables. La maison pouvait accueillir 6 personnes. Nous serions bien.

Une fois arrivés là-bas, dans la savane costaricaine, l'autocar m'a abandonnée dans un endroit désertique, pas d'âme qui vive mais ou les chiens hurlaient leur vie. Je voulais m'accrocher à l'autocar et crier à tout le monde qu'ils ne pouvaient pas me laisser là. Mais non, c'était ma place et j'y étais pour 43 jours.

Une femme de ménage est sortie, ne parlait qu'espagnol, elle m'a reconduite à ma maison et m'a aussi abandonnée à moi-même.

Je suis entrée dans la maison et là, je vous dis, j'ai senti la solitude, l'abandon et la peur m'envahir. Je ne m'étais jamais sentie aussi seule de toute ma vie. Pis j'avais même pas de valise à défaire pour m'occuper.

J'ai fait le tour de la maison, qui était grande mais très rafistolée pour que ça paraisse bien sur les photos pour la location. Le poêle et le frigidaire étaient recouverts d'un genre de papier collant imitation de nickel, le frigidaire ne fermait pas correctement et la porte du fourneau tombait quand on l'ouvrait. L'air climatisé était dans la chambre principale. Je me suis assise dans le salon ou la télévision datait d'au moins 20 ans, ou les divans dataient d'au moins 40 ans et j'ai regardé dans le vide. On aurait dit que mon cerveau ne fonctionnait plus. Je crois que mon état de panique me figeait sur place.

Je suis ressortie de la maison pour chercher des gens, j'étais seule, oui, j'étais dans un genre de complexe de maisonnettes mais personne aux alentours. Je suis allée voir la piscine espérant y trouver des touristes, personne non plus. Tout ce que je rencontrais était la solitude, le face à moi-même.

Je suis entrée à nouveau et j'ai ouvert mon ordinateur, il y avait le wi-fi. J'ai appelé mon amie Catherine sur Skype et là, ma pauvre Catherine a eu droit à une scène de larmes tellement intense que petit Louis, son fils, pleurait à me voir pleurer autant.

J'ai essayé de me ressaisir et je suis partie, à pieds, à la recherche de la plage. En sortant du complexe, nous étions sur une route comme la 132, une route très passante avec des ravins de chaque côté. J'ai marché, j'ai marché en me disant que si quelqu'un me frappait ici, on ne me retrouverait jamais, que c'en était terminé pour moi.

Et la plage, et les restos et les petits endroits étaient inexistants. À côté de la route, à côté des ravins, des arbres, des palmiers, des édifices délabrés mais pas de petits restos. J'ai croisé des hommes, le coeur m'a serré, je me suis inquiétée. À moment donné, je suis arrivée en face d'une petite boutique qui semblait vendre des t-shirts, boutique faut le dire vite, presque rien à l'intérieur, 2, 3 racks de n'importe quoi mais rien pour moi. L'homme me demande si je vais bien et je me mets à pleurer encore. Il est tout mal de me voir, il me fait asseoir. J'ai pris des cours d'espagnol mais rien ne sort sauf des larmes. Il essaie de me parler en anglais, m'explique que la plage est à 3 kilomètres et les restos aussi. Je pleure encore plus. Je suis découragée.

Je reviens à la maison. La dame de la maison d'à côté est là, elle fait sortir ses 4 chiens jappeurs qui vont rejoindre les 2 autres chiens jappeurs de l'autre voisin. Je vais à sa rencontre, elle, elle ne parle qu'espagnol mais me fait savoir qu'il y a un homme qui parle français dans le complexe. Nous y allons. J'aimerais bien pouvoir m'acheter à manger, pouvoir aller m'acheter du linge. Il me dit qu'il est désolé mais qu'il ne peut pas m'aider. Je suis entrée dans la maison et là j'ai re-pleuré. Je m'étais placée dans un sale pétrin mais comment m'en sortir?

Une quinzaine de minutes plus tard, l'homme qui parlait français est venue pour m'offrir de m'amener m'acheter à manger, il a eu pitié de moi. Comme nous étions le 22 décembre, il me dit que c'est tout ce qu'il pouvait faire pour moi car le lendemain matin, il partait avec sa famille pour les fêtes de Noel. La voisine m'offre d'utiliser une bicyclette pour me déplacer. Ben oui, je me voyais bien à bicyclette sur la 132 avec les autos qui filaient à vive allure !!! (sarcasme)

Je vais avec l'homme à l'épicerie et il me recommande de m'acheter beaucoup de crème solaire car, par les temps qui courent, il y a des moustiques qui transmettent des maladies avec de la fièvre, qu'il me fallait faire très attention. Il me fait visiter le village, m'amène à la plage et ce sera tout ce que j'aurai vu de Playa Flamingo de tout mon voyage. Je ne resterais pas là !

Suite dans un prochain article. Je vous ménage.

 

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Donner c'est aussi recevoir ou La vraie magie de Noël

Donner c'est aussi recevoir ou La vraie magie de Noël

Je me suis questionnée à savoir si je devais vous partager ce que je viens de vivre à l’instant (comme vous pouvez voir, je ne me questionne pas trop longtemps) parce que c’est un geste de bonté que je viens de faire. Le principal dans tout cela n’est pas le geste de bonté mais ce que ça a produit chez moi, je vous raconte.

La semaine dernière, ma cousine Sylvie Côté, qui est directrice générale du Centre Louis-Jolliet, a mis sur Facebook ce post :

Encore cette année, l'activité annuelle des paniers de Noël bat son plein au centre Louis-Jolliet depuis vendredi dernier. Si vous voulez y participer et aider une famille d'un ou d'une élève, faites-moi signe. Je vous réserverai une boule de Noël destinée pour un élève inscrit, vous faites l'achat des vivres inscrits sur la liste, vous l'apportez au centre ou venez la porter chez moi avant le 12 décembre. Plutôt que de faire un don à quelqu'un que vous ne connaissez pas, vous saurez que vous aurez rendu un élève du centre Louis-Jolliet et sa famille heureux pour le temps des fêtes. Soyons généreux! Nous avons encore beaucoup d'élèves inscrits à cette activité très en demande! Les besoins sont grands! Aidons nos familles du centre !

Et j’ai demandé une boule, j’en ai même demandé une deuxième. Pourquoi pas ?

Dans les 2 boules, la demande était faite par des familles monoparentales avec un ou 2 enfants en bas âge. La consigne qui leur a été donnée est de demander un maximum de 6 items. Donc, 2 listes de 6 items et dans chacune des listes, des couches.

Y’a rien là, que je me suis dit, juste aller à l’épicerie comme je le fais toujours et ajouter ces items à ma liste, c’est pas compliqué !

Mais non, y’a pas rien là, y’a tellement pas rien là que je pleurais à la caisse et je pleure encore. De joie, mais aussi à penser à toutes ces personnes dans le besoin et j’ai l’occasion de contribuer à leur bonheur avec ce petit peu que je leur offre.

Je vous avoue sincèrement qu’à chaque Noël, j’allais acheter mes cadeaux le 24 décembre au matin, c’était pour moi la seule journée où il y avait le moins de monde et j’en courais un coup. Au moins ma liste était faite. Et c’était toute une corvée. En plus, j’achetais tous ceux que maman donnait et souvent ceux que des membres de ma famille donnaient à Justine ne sachant pas ce qu’elle désirait ou ce qui lui faisait et même parfois j’achetais ceux qu’on me donnait. ZE corvée !!! Et la magie là-dedans, elle était très loin.

Pourquoi je pleurais honnêtement ? Je pleurais aussi parce que je savais que je ferais plaisir à des gens que je ne connais pas et qui ne me connaîtront pas, je pleurais de penser à la lumière dans leurs yeux quand ils ouvriraient leur panier dans lequel j’ai glissé des surprises, mais je pleurais principalement sur moi.

Je peux dire que j’ai pas mal tout ce que je désire mais je n’ai plus mes proches que je peux gâter. Je cherchais exactement ce qui était sur leur liste, j’essayais de connaître leur goût, j’espérais que mes choix soient aussi les leurs et j’ai pris les plus gros contenants me disant, je leur donne une fois mais ça va valoir la peine.

Quand je suis arrivée aux couches, j’ai réalisé à quel point tout est cher et que ces petits, ils en prennent sûrement 3, 4 dans une journée, sinon plus, je ne m’en souviens plus. Et j’ai imaginé le budget que ces femmes devaient mettre juste pour cet item.

Tous ces achats m’ont fait revenir en arrière en pensant à tous ces beaux moments où j’achetais pour faire plaisir à mes proches, aux couches pour ma Justine et tous les moments heureux du temps que j’étais mère d’un bébé, du temps où j’avais à me soucier de quelqu’un d’autre, ils m’ont transportée dans le futur en pensant à ma Justine qui pense à avoir un petit bébé que je ne verrai pas souvent parce qu’elle demeure en France et m’ont obligée à faire face à mon présent en pensant que maintenant mon cœur m’appartenait à moi seule et que c’était bien lourd à porter. Il est très rare maintenant que j’arpente les magasins en pensant à quelqu’un d’autre qu’à moi.

Et c’est pour cela que je pleurais devant la caissière et que je pleure encore.

Toute notre vie, on cherche à arriver à la fin du mois, on trouve que c’est difficile d’élever notre enfant toute seule (je ne vivais pas dans la même maison que le père de ma fille même si on était mariés), on patauge, on cherche à leur procurer le maximum et quand on ne peut pas, de se satisfaire de ce qu’on a et d’apprendre à notre enfant à en faire autant.

Une fois que c’est terminé, qu’on a enfin passé au travers, qu’on est arrivé à cette retraite tant attendue, que nos enfants sont notre plus belle réussite, il ne reste que nous à qui faire plaisir mais t’as passé toute ta vie à assurer le bonheur des autres. Être au service de l’autre, en prendre soin. On a beau me dire, me répéter qu’il est temps que je pense à moi mais ce n’est pas suffisant et ce ne sera jamais suffisant.

Je viens de finir le livre Cœur de cristal de Frédéric Lenoir, c’est un conte pour petits et grands nous racontant l’histoire d’un prince né avec un cœur entouré de cristal qui l’empêche d’aimer, d’avoir des émotions, de souffrir et tout au long de cette lecture, je me disais que moi c’est à l’inverse, le cristal est à se former autour de mon cœur, à l'hiver de ma vie, pour m’éviter d’avoir de la peine, pour que la vie continue.

Et ces achats d’aujourd’hui ont fait une brèche dans le cristal et maintenant je veux le briser complètement. Je suis devenue Ambassadrice de bonheur avec Christine Michaud et Max Piccinini et j’ai bien l’intention d’être une vraie ambassadrice. Pour débuter, je vous partage le lien pour devenir aussi ambassadeur, ambassadrice http://operation-bonheur.com/

Je pars pour le Costa Rica à la fin du mois, je vais m’ouvrir à tout ce que je peux faire durant mon séjour là-bas et c’est certain que je trouverai de quoi occuper mon cœur de bonté, au service de l’autre. Il est essentiel que je finisse par lever mon derrière de devant mon ordinateur, que j’arrête de me dire que c’est plate de vivre toute seule, d’essayer d’apprivoiser cette solitude et de me regarder le nombril, d’essayer de panser mes plaies, de vivre mes deuils, pendant qu’il y a tant à faire dans ce bas-monde.

Merci Sylvie de m’avoir fait vivre ce moment de grâce, tu ne sais pas ce que tu faisais en postant ce message. Tu viens d’ouvrir un cœur qui était en train de s’éteindre tranquillement.

Joyeuses Fêtes !

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Ma liste de cadeaux

Ma liste de cadeaux

Voici ma liste de suggestions de cadeaux pour Noël que j'ai transmis à mon monde pour notre échange ne sachant pas qui m'a pigée mais sachant qu'ils sont pour la plupart des hommes, donc... faut se méfier.

Salut gang,

Je me suis trituré les méninges pour savoir ce que vous pourriez m'offrir et voici quelques suggestions. J'espère que je ne suis pas trop tard, si non, il n'est pas trop tard pour aller l'échanger.

Bon, voilà, j'aimerais:

Une jaquette, pas une jaquette pour madame de 150 ans que je porte parfois et dont j'ai au moins 3 copies dans mes tiroirs, style moman dans La petite vie. Pas non plus une jaquette en ti nylon glissant, écourtichée et avec bretelles spaghettis. Oui, ça fait sexy mais honnêtement c'est pas très vargeux pour dormir, ça tourne pas avec toi pis t'as toujours soit les seins à l'air ou les fesses à l'air ou encore mieux tout à l'air, il ne te reste qu'un morceau de tissus tout enroulé autour de toi style body qui t'étouffe ben comme il faut.

Aussi, honnêtement et sans rentrer dans les détails, c'est pour m'en servir quand j'ai de la visite et pouvoir sortir de ma chambre sans être en tenue d'Adam ou dans mon cas, d'Ève et aussi, au Costa Rica, pour aller sur mon balcon sans avoir tous les hommes qui me courent après. J'ai de l'espoir comme vous l'imaginez.

Pis un jour, la visite pourrait être autre chose que de la simple visite, si vous voyez ce que je veux dire.

J'aimerais aussi avoir un livre, mais pas tous les livres, j'ai déjà à lire toute la collection d'Agatha Christie que je me promets de lire lorsque je serai vieille, j'ai à peu près encore au moins une quinzaine de livres de croissance que j'ai achetés durant l'année et qui m'attendent patiemment soit sur ma table du salon, sur ma table de nuit ou encore dans ma bibliothèque. J'ai aussi une rangée pleine de livres de recettes mais je ne fais pas à manger trop trop avec mon extracteur à jus et mon appareil à smoothies.

Mais j'aimerais avoir le livre "3 fois par jour" de Marilou. Oui, oui, un autre livre de recettes. J'ai entendu dire qu'il y a justement des jus, des smoothies et des recettes santé.

Pour vous faciliter la chose, vous pouvez le commander à partir d'Internet et il vous est livré dans la semaine suivante déjà tout emballé et prêt à m'être donné.

Voici pour une deuxième suggestion.

Pour la troisième, je suis désolée mais j'ai acheté, je voulais des gants doublés en fourrure pour aller promener Api sans geler des mains et j'ai trouvé des belles mitaines rouges doublées de poils de lapin rasé. Je les adore. Bon, bon, vous me direz que je suis une pas fine, du VRAI poil mais bon, vous allez pas arrêter de me parler pour quelques petits poils.

Bon, vous avez donc le choix entre la jaquette ou le 3 fois par jour mais si j'étais vous, je ne me baderais pas à aller au magasin pour la jaquette, j'opterais pour le livre de recettes qui est si facile à acheter.

J'ai bien hâte à notre party de Noël et je ne me douterai pas du tout de mon cadeau, soyez-en assurés.

Vous pourrez pas dire que je ne vous ai pas fait de suggestions.

Votre aînée en liberté

Pas comme celles-ci, s'il-vous-plait !!!Pas comme celles-ci, s'il-vous-plait !!!

Pas comme celles-ci, s'il-vous-plait !!!

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J'ai rencontré M. The price is right

Vous avez déjà sûrement vu l’émission américaine “The price is right”. Les participants doivent dire quel est le prix des objets et celui ou celle qui est le plus près, gagne.

Et bien moi, j’ai rencontré Monsieur The price is right en personne. Pas celui qui anime l’émission…

Je vous raconte.

Lorsque je me suis séparée, je n’avais vraiment pas le goût d’aller dans les bars et les discos pour pouvoir rencontrer un homme. Je croyais à ce moment qu’il était essentiel, pour être heureuse, d’avoir un homme dans sa vie. Ce fut donc la première chose que j’ai faite, après avoir déménagé, me chercher un homme…

Quoi de mieux que de donner le mandat à quelqu’un d’expérience, qui a une banque d’hommes à te présenter et je nomme : une agence de rencontre. Pas n’importe laquelle, celle située dans le quartier huppé de la ville. Pourquoi ne pas se donner toutes les chances possibles?

Je prends donc rendez-vous à la dite agence située sur la rue du Parc, celle qui réussissait à tout coup. Après la première rencontre, première déception, la dame devait faire une vidéo de moi pour le présenter à mes soupirants mais elle décide que ce serait très facile de me « caser », juste une photo (je suis tellement photogénique) et une rencontre, feraient l’affaire.

Elle me dit que pour 600 $, j’ai droit de faire la rencontre de 6 hommes qu’elle aurait choisis pour moi, selon mes critères. Elle était certaine de faire le match parfait. C'est certain, une si belle jeune femme de 46 ans.

Elle m’organise un premier rendez-vous. Deuxième déception, il me vient à l’épaule, j’irais jusqu’à dire, il me vient au-dessous du bras, il pèse la moitié de mon poids, il est chauve et en plus, il m’avoue qu’il est encore amoureux de son ex. Sûrement un stratège pour se débarrasser de moi j’en conviens. Je saute sur l’occasion pour lui dire que ça ne ferait pas.

J’appelle la Madame de l’agence le lendemain matin pour lui faire savoir que ça ne fonctionnerait pas; il l’avait déjà appelée.

Elle m’organise une autre rencontre mais cette fois-ci, avec un anglophone. Lorsqu’elle me demande si je parle anglais, je lui dis que je peux me débrouiller (c’était la vérité du moins je croyais). Elle me dit qu’il est anglophone mais qu’il parle un peu français.

Cette rencontre ne fut pas très longue, nous sommes allés dans un petit resto, j’ai baragouiné mon anglais comme je le pouvais et je ne comprenais rien à ce qu’il disait. Je crois qu’il venait de l’Australie. - Troisième déception.

Elle me rappelle et m’organise un troisième rendez-vous. Toute fière, elle me dit que c’est un monsieur qui demeure tout près de Mont Royal, dans un superbe condo. Il demande que j’aille le rejoindre chez lui. C’était sans danger, me dis-je, ELLE avait toutes les coordonnées, si je disparaissais, on finirait par me retrouver. De toute façon, je ne suis pas très peureuse.

Je me rends donc à son superbe condo. Il me fait entrer. Il me fait assoir. Il est roux. Je n’ai rien contre les roux mais lui, il est roux très pâle avec une peau très très pale. On peut dire un roux égal. Je me fais une idée. Je m’assois.

Il m’offre du vin nouveau qu’il venait d’aller chercher à la Régie tout spécialement pour l’occasion, bouteille qu’il a payée 15 $ me fait-il savoir.

En attendant, je regarde autour de moi, c’est très chic, il semble collectionner les canards en bois. Il en a de toutes les sortes, de toutes les couleurs, de toutes les grosseurs. Je lui dis que je trouve ses canards très beaux. Il m’informe qu’il les a payés 800 $ pièce. OOOOh, me dis-je!

Et là-dessus, je lui rappelle que notre rendez-vous en était un dans le but de rencontrer quelqu’un pour peut-être faire un bout de chemin ensemble. Toujours avec mon grand sens de l’humour, je lui dis que probablement qu’il trouvera cela difficile lorsque Justine qui avait 8 ans à ce moment-là, jouerait dans le bain avec ses canards à 800 $ pièce.

Il fait sûrement semblant de ne pas entendre et continue la liste des prix. Il venait de changer les tentures de son salon qu’il a payées 3 500 $. Les chaises sur lesquelles nous étions assis valaient chacune 2 500 $ et je commençais à trouver cela pas mal pesant, mon idée étant déjà faite.

Histoire de changer un peu le cours de la soirée, je lui demande ce qu’il a prévu pour la suite. Il me dit que nous irons à son restaurant préféré sur Sherbrooke. Je lui fais connaître mon empressement, j’ai une faim de loup et j’ai surtout hâte que la soirée finisse. J’aurais pu lui dire que c’était fini mais j’étais curieuse d’en savoir plus sur le phénomène.

Après m’avoir parlé du prix de la lampe, nous partons pour ledit restaurant.

En cours de route, il me raconte sa vie avec son ex (comme si ça pouvait m’intéresser…), qu’elle l’avait obligé à acheter sa montre à 4 000$ qu’il porte au poignet ainsi que la Mercédès dans laquelle nous étions à 75 000 $. « La pas fine, elle lui a fait acheter tout cela pour le quitter pas longtemps après ». Savez-vous, je l’ai trouvée courageuse cette femme, pas de l’avoir quitté, mais d’avoir sorti avec.

Nous arrivons à ce chic restaurant où tous les employés connaissaient mon prétendant. On lui demande comment avait été son opération. Il me dit qu’il s’était fait opérer les yeux au laser à 2 500 $ chaque œil.

Il m’invite à prendre la même chose que lui, ce que je fais pour activer le processus. Il prend une table d’hôte.

J’ai oublié de vous dire que j’avais pris quelques livres et je ne voulais pas que ça se voit. J’avais donc mis pour l’occasion un dessous en lycra, un body. Ce fut la dernière fois que j’ai porté une telle chose. C’est un long soutien-gorge qu’on attache entre les 2 jambes, un genre de guêpière mais pas de jarretelles qui fait en même temps une gaine et une culotte. Une fois le haut installé, faut réussir à attacher la partie du bas, tire fort vers le bas par en arrière, tire fort vers le bas par en avant, tient tout cela à bout de bras pour enfin réussir par attacher les petites attaches qu’on voit seulement par l’imagination. Les bras t'en tremblent tellement c'est serré. Pas facile. Le principe de l’attirail est de faire rentrer le 10 livres en surplus tout en se rappelant que ces 10 livres, elles sont toujours là mais, en dedans.

Nous avons commencé à manger, rendus au dessert, ma gaine me faisait mourir, je commençais à avoir de la difficulté à respirer tellement c’était serré. Je suis allée à la toilette où là je me suis soulagée, oui soulagée comme vous l’entendez mais soulagée de cette gaine en la détachant, en prenant un peu d’air.

Au moment de la rattacher, je ne sais pas si c’est le repas qui avait augmenté le contenu à y faire entrer, j’ai eu beau tirer les morceaux, pas moyen d’attacher. Y’avait pas juste les bras qui me tremblaient, tout le corps et même le cœur. Je me suis résignée et j’ai pris la décision de ne pas attacher le bas tout en m’assurant que c’était bien en place. Erreur !

Que pensez-vous qu’il est arrivé lorsque je me suis assise ? Que pensez-vous que le petit gras en trop fait quand il sent une brèche ? Et, nous avons affaire ici à du lycra. Tout le gras a sorti par en bas et le body a remonté, comme une toile. Blup !

Ça m’a fait un rouleau autour de la taille tellement serré que je croyais perdre connaissance. J’avais de la misère à respirer, j’étais inquiète, sur le bord de la panique, vraiment. Et je ne pouvais surtout pas en parler, il me fallait penser vite, très vite.

J’ai demandé l’heure à Monsieur The price is right. De sa montre à 4 000 $, il m'indique qu’il est 8 h 30. Et moi, de lui indiquer ma montre et de lui dire : « C’est spécial, même heure! 150 $! ».

Et je lui ai demandé gentiment de me ramener chez lui pour que je retourne chez moi au plus vite. Il paya l’addition et sans rien dire, il me ramena. Je crois qu'il était choqué. La madame de l’agence m’a téléphonée le lendemain, choquée contre moi pour me dire que le monsieur s’était plaint.

Elle me doit toujours 3 rencontres que j’imagine n’aurai jamais et j’ai pris depuis au moins un autre 10 livres. J’ai fait disparaître mon body qui a manqué faire une mort en ce soir de septembre 1996.

À bientôt.

OUF !

OUF !

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Donnes-y un ti-bec !

Quand on est une ainée en liberté et par surcroit seule, il faut se méfier, et moi, venant d’une petite ville où tu n’as pas appris à te méfier, je me fais prendre parfois. Je vous raconte.

Un beau dimanche de février dernier, je reçois une invitation pour un bon resto d’un ami de très longue date qui était à Québec pour quelques jours. Il savait que je vivais des moments plus difficiles après la mort de Paul et le départ de Justine en France, c’est du moins ce que je me disais. Il faut que je vous précise, parce que je sais qu’en cours de lecture, vous vous poserez la question, il y a 30 ans, nous avions tenté une relation amoureuse qui s’était terminée par une relation amicale tout simplement.

Au moment de son invitation, par téléphone, il avait appuyé fortement sur le fait que ce serait une rencontre entre amis, sans plus. De toute façon, je ne comprenais pas pourquoi il appuyait sur le fait d’une sortie entre amis puisque c’était cela que nous étions depuis belle lurette. Et en plus, il était en couple.

Il vint donc me chercher à la maison et nous sommes allés au restaurant Georgio, un très bon restaurant italien. Les banquettes sont très grandes, ce qui faisait bien mon affaire en même temps. Tant qu’à être entre amis, une bonne distance est appréciée.

Nous avons bavardé de tout et de rien et à moment donné, il s’est levé pour se rendre aux toilettes mais a bifurqué vers moi, s’est penché pour m’embrasser, d’un baiser se voulant plutôt révélateur si vous voyez ce que je veux dire. Je suis restée surprise de ce geste, je me suis reculée, lui rappelant que nous étions ici entre amis.

À son retour, il a recommencé le petit stratagème. Ben voyons ! Qu’est-ce qui te prend ? Ne recommence pas, je ne suis pas intéressée, que je lui ai dit. Il s’est excusé et a promis de ne plus le refaire. J’étais perplexe.

Nous avons discuté et ri comme nous le faisions toujours durant nos rencontres. Le repas terminé, il a payé la note et est venu me reconduire.

Une fois à la maison, il m’a demandé si je l’invitais à écouter les finales de la Voix et qu’après il s’en irait. Et c’est là que je ne me suis pas méfiée. J’ai dit oui tout en lui demandant de ne pas recommencer son petit jeu du restaurant. Il m’en fit la promesse.

Nous nous sommes assis sur le divan et il s’est collé à moi, je me suis vite décollée et suis allée faire du café. Je suis revenue et me suis assise assez loin de lui, il s’est rapproché, m’a entourée les épaules de son bras. J’étais bien mal à l’aise, je me suis déplacée à nouveau. Il s’est levé et s’est éloigné, mais en passant, il s’est penché vers moi et a mis sa main dans mon chemisier pour me caresser les seins. Je suis restée bête, l’ai regardé, il avait un peu l’air fou et moi, encore plus, d’être là à me faire taponner, sans mon consentement et commençant à me sentir menacer. Réfléchis vite ma Francine, réfléchis vite.

Je lui ai enlevé la main et lui ai demandé de s’en aller que ça avait assez duré.

Il s’est assis sur la partie du L du divan pour me regarder et m’a dit : « Ça fait longtemps que tu ne fais rien, on pourrait… tu sais quoi ? Ben voyons ! Il va falloir que tu te calmes. Oui, mais toi et moi, on pourrait… ! Non, non, que je lui dis. En plus tu es en couple, je n’ai pas l’intention de te servir de poupée gonflable. C’est quoi ton problème ? Si tu as besoin d’un vide-poche que je lui dis, tu peux toujours aller au Carol, au bas de la côte, pour un petit 10 $, ton compte sera fait. » Et là, il m’avoua que ça n’allait pas bien avec sa femme (la ritournelle habituelle), et m’a chanté la pomme pour arriver à ses fins.

L’inquiétude grandissait, il savait que j’étais seule, que personne n’arriverait. J’ai commencé à avoir un peu chaud, pas mal même.

Il s’est levé. J’étais soulagée. Mais ce n’était pas pour partir.

Il s’est approché de moi, a baissé la fermeture-éclair de son pantalon et a sorti le tout. Et quand je dis le tout, c’est le tout, le GRAND tout. Il se caressait et moi, je stressais. Il remettait sa main dans mon chemisier et moi, je dépérissais. Il voulait m’embrasser, il insistait.

J’ai fini par me reculer et lui ai dit, sachant qu’il était un homme fier : « As-tu l’intention de te réveiller demain matin dans la peau d’un violeur d’une femme de 63 ans ? Parce que je ne suis pas consentante, mais pas du tout. Vraiment, c’est ce que tu veux? »

Et il s’est ravisé, s’est reculé, à mon grand soulagement.

Et il m’a dit, avant de remballer le tout : Donnes-y un ti-bec.

Vous auriez fait quoi à ma place ?

Comme j'ai déjà publié ce blogue, je viens ajouter la vraie fin qui vous surprendra tous et toutes.

Ben, je lui ai donné le ti-bec. Pourquoi ? Je ne croyais pas avoir d'autres issues, il s'était calmé, j'étais effrayée et pour moi, je ne pouvais pas le provoquer par de la colère. Mais je reconnais aujourd'hui que j'aurais pu provoquer autre chose. Ce que la peur peut nous faire faire parfois.

Bonne fin de journée.

Une aînée en liberté qui doit se méfier.

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Une « balade » en Toscane, vous avez dit?

Il y a 3 ans, ma Justine et moi, avons passé 2 mois en Italie, en Toscane plus précisément. Comme nous travaillons en informatique et qu’on peut travailler de partout dans le monde, nous nous sommes téléportées là-bas avec nos ordinateurs en nous assurant un accès à Internet. Le jour nous visitions et vers 15 h. nous allions vérifier les courriels pour voir le travail à faire. Pour faire du mal, on a travaillé pas mal fort mais on a réussi à prendre des jours de congé. Et entre autres, nous sommes allées à Cinque Terre. Je vous raconte l’aventure non pas les paysages, vous pouvez les voir sur Internet mais le voyage, ma surdité, les routes, parce que nous avions loué une voiture bien entendu. Ouf !

L’Italie, surtout la Toscane, je vous le dis, ce sont des montagnes et des routes sinueuses, tu montes, tu montes, tu montes, tu montes tellement que les oreilles commencent à te boucher un peu, tu avales, ça débouche. Tu montes encore, tu mâches ta gomme que tu as eu la bonne idée de prendre, tu avales, ça débouche encore jusqu’au moment où t’as beau avaler, t’as beau mâcher, rien ne se passe. Tu as les oreilles qui continuent à boucher. À moment donné, une petite accalmie, les oreilles te débouchent, ouf ! Il reste toujours un peu de bouchage mais t’entends au moins.

Ça va ! Tu montes encore, ça tourne, ça monte comme dans la face d’un singe, tu mâches à t’en faire mal aux mâchoires, tu avales, tu avales, tu as la bouche sèche, plus rien à avaler, mais tes oreilles bouchent de plus en plus et ne débouchent plus.

C’est la panique totale, je frappe avec mes doigts sur le tableau de bord pour vérifier mon degré de surdité, je n’entends presque plus rien. Justine me parle, elle semble loin. Ça y est, la panique, JE SUIS DEVENUE SOURDE. Je n’entends plus le bruit des pneus sur la chaussée. Mon Dieu. Justine perd patience. Je panique encore plus. Je n’entends plus rien, juste des sons sourds.

Nous décidons d’arrêter au premier petit village que nous rencontrons. Nous sommes debout, à attendre aux lumières. Je ne parle pas, je me pince les narines entre les doigts, me ferme la bouche et souffle en me gonflant les joues, j’attends, il ne se passe rien. Toujours aussi sourde. Je me tire les oreilles, pousse. Toujours rien. Nous sommes toujours aux feux de circulation. Justine n’en peut plus. Je l’énerve. Je sens que je lui fais honte.

Pendant que je prends mon café, mes oreilles commencent à déboucher. Délivrance !

Après une heure pour traverser la Toscane, nous sommes enfin arrivées sur une autoroute ou la limite de vitesse est à 130 km/heure. Je m’engage, les autos vont vite, ça me stresse pas mal. Elles vont toutes plus vite les unes que les autres, surtout les voitures allemandes. J’étais assez insécure jusqu’au moment où j’ai dit à Justine. Wow !, je commence à prendre du pic, regarde-moi aller, 135 km/heure. Juste comme je suis à dire cela, que vois-je dans mon rétroviseur, une Mercédès grise qui arrive à toute vitesse, me rentre quasiment dedans et elle est suivie par une autre voiture allemande. Elle me pousse dans le derrière, j’ai affaire à dégager. Stressée encore une fois, je pèse sur l’accélérateur pour rentrer au plus tôt dans la voie de droite. Moi qui me sentais tellement pro dans la voie de gauche. Ça va vite en titi.

Après l’autoroute folle, nous nous retrouvons à nouveau sur des petites routes, petites non pas par leur longueur mais par leur largeur et sinueuses, plus qu’en Toscane, dans les montagnes, tourne, décélère, tourne en U, accélère un peu, décélère, encore une courbe, mon Dieu que c’est étroit, mon Dieu que c’est haut, j’ai les fesses serrées, les mains crispées sur le volant. La Toscane n’était rien à comparer à cette nouvelle route. Nous rencontrons difficilement les autres voitures qui filent à vive allure, nous arrivons au village Pignone (prononcer Pignün) nous indiquant que nous avons dépassé notre hôtel de quelques kilomètres, les pires de ma vie. Nous rebroussons chemin en direction de l’hôtel. Au même moment, une courbe et qu’est-ce qui arrive dans le haut de la courbe ? Je vous le laisse deviner : « Un autobus ! » Mais ça ne rencontre pas les autobus ces routes… Je fige, le chauffeur d’autobus me voit. Il me fait signe de reculer. Je ne vois que ses yeux qui me fixent, qui me figent. Ben voyons, je ne peux pas reculer, je vais tomber dans le ravin… Et ici, qui dit ravin, dit énorme ravin, la terre ferme à perte de vue mais par en bas.

Aidez-moi quelqu’un. Le chauffeur s’impatiente, il me klaxonne. Je m’énerve, je recule, lentement, très lentement. Je m’arrête, reprends mon souffle, reprends mes esprits. Je continue à reculer, trop tranquillement, j’entends le chauffeur me klaxonner encore, je ne le regarde pas, je suis trop stressée. Justine me dit « Maman, je pense que tu as assez de place pour passer à côté de l’autobus! » C’était pour cela que le chauffeur me klaxonnait. Je suis enfin passée. Merci mon Dieu. Quelle aventure !

Nous sommes enfin arrivées à notre auberge Albergo Villagio Dei Gallo. Auberge en flan de montagne, ça monte comme dans la face d’un singe encore une fois. Nous sommes accueillies par une italienne qui parle un peu en anglais. Je lui parle dans mon italien. À son regard, j’ai l’impression que mes cours d’italien sont déjà disparus, ont-ils déjà existé ? Je finis par me faire comprendre. Nous accédons à notre chambre pour ensuite se diriger vers Cinque Terre.

 

Qui a parlé d’une balade en Toscane !

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Gratitude à une amie chère

Avant-hier, j’ai reçu l’appel d’une amie. Tout récemment, on lui a diagnostiqué un cancer. Elle s’isole, s’inquiète, n’ose aller vers les autres. Comme nous le ferions assurément si ça nous arrivait.

Je la sens courageuse, attendant avec patience, les verdicts, les actes à prendre.

Et elle a pris le temps de m’appeler pour me remercier.

Elle voulait me remercier d’entrer chez elle à travers son ordinateur, d’être là pour la faire rire à chaque jour par le biais de mon blogue, par le biais de mes commentaires ou de mes statuts sur FB.

Elle m’a remerciée d’être à chaque jour, son rayon de soleil.

Parfois, on est poussé à faire des choses, et moi, écrire, je suis toujours poussée à le faire, écrire dans l’humour principalement et par mon blogue, j’ai osé.

Après chaque article que je publie, je me questionne, je me questionne surtout sur le pourquoi, pourquoi écrire le récit de mes folies et cette amie m’a donnée la réponse.

Et si j’écrivais seulement pour elle, ce serait déjà énorme.

Maman disait souvent  « Cinq minutes de bonheur valent bien des heures de pleurs! » Je me réjouis de penser que je puisse t’apporter ces petites 5 minutes de bonheur.

C’est moi qui te remercie de m’avoir appelée. Surtout que justement cette journée, j’avais demandé au St-Esprit (oui, oui) de me faire un signe si je devais continuer à écrire mon blogue. Et quelques minutes plus tard, tu m’appelais.

Merci d’être là, merci de continuer à y être. Je sais que tu me lis présentement et que tu te reconnais.

Merci à toi aussi son mari et mon ami, de rire de mes histoires. Ça vous fait du bien mais si vous saviez quel bien vous me faites en étant dans ma vie.

Je vous aime

Francine
Une aînée en liberté

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J’ai fait l’amour !!! Merci mon Dieu !

Bon, bon, on ne s’énerve pas. Ce n’est pas moi qui ai fait l’amour, je voudrais bien et si c’était moi, je crois que j’ajouterais une musique de fanfare, des tambours, des applaudissements et tout ce que vous pouvez imaginer pour témoigner de toute l’allégresse qui m’envahirait. Et je crois bien que je passerais un certain temps à savourer le moment.

Non, c’est l’histoire de quelqu’un que je ne connais pas mais que quelqu’un que je connais, connais.  Prudence, cette histoire peut contenir des scènes à tendance sexuelle. La supervision des parents est recommandée.

Je vous raconte l’histoire de mon ami Lucien, bien entendu, Lucien n’est pas mon ami et en plus Lucien n’est pas son nom mais je vous raconte quand même.

Mon ami Lucien m’appelle comme il le fait à chaque semaine, je suis comme sa présence sécuritaire, son point d’attache. Il a 83 ans. Dans le fond, il n’a pas 83 ans mais je tais son âge véritable pour ne pas qu’il soit reconnu. Disons, qu’il a 81 ans et demi.

D’habitude on échange sur les activités qu’il a faites durant la semaine et c’est principalement moi qui lui raconte ce qui m’est arrivée. Il est heureux comme cela. Il me met au courant des événements qui se sont passées dans le monde, et, il me parle à chaque fois de sa santé qui s’en va sur le déclin. Mais cette semaine, en répondant, Lucien est euphorique, il semble heureux comme je ne l’ai jamais vu, plus précisément, entendu. Il parle vite, bafouille et semble pressé d’arriver au but de son appel. Il m’annonce : Francine, tu ne me croiras pas, j’ai fait l’amour.

J’ai eu un moment de silence, un assez long, j’avoue.

Wow ! que je lui dis, raconte-moi.

Mais avant tout, je dois vous dire que Lucien est un peu amoché du body. Il porte en permanence un appareil qu’on lui a greffé sur le côté et qui lui permet de s’auto-dialyser; un genre de tube bleu clair de 3 pouces de long. Ses reins ne fonctionnent plus correctement et à chaque deux jour, il doit se faire une dialyse. Il s’est habitué à vivre avec comme on dit, comme on s’habitue à vivre avec l’âge, avec les pertes.

De plus, il a eu une opération aux vertèbres ce qui le fait marcher le corps raide et, comme il fait du diabète, à notre dernière conversation, je lui demandais comment avait été son opération où on devait l’amputer de quelques orteils. Je lui ai demandé, et puis, combien t’en ont-ils enlevés ? Toutes qu’il m’a répondue. Toutes. Je te dis que c’est pas mal plus difficile pour marcher.

Maintenant que vous avez le topo du monsieur, l’imaginer en train de faire l’amour relève de l’exploit digne d’un film des plus grands réalisateurs. Je vous raconte donc toute l’histoire, plutôt croustillante. Non, c’est lui qui nous la raconte, nous l’écoutons donc :

Depuis quelque temps, je rencontre une jeune dame de 58 ans, Aurelienne, est-ce que je t’en avais parlée? Je vois bien qu’elle est intéressée mais jamais je n’aurais imaginé qu’elle l’aurait été autant. Elle nous a organisé une rencontre où l’issue était claire, elle voulait faire l’amour avec moi. (Faut dire que notre Lucien a eu une carrière florissante et qu’il est intéressant à jaser parce que cultivé.)

T’imagine que j’ai paniqué un peu.  Je suis allé voir le docteur pour lui expliquer mon problème et il m’a prescrit une petite pilule. Il s’est gratté la tête, m’a regardé d’un air très surpris et démontrant une certaine inquiétude m’a dit : Je t’en donne juste la moitié, je ne prends pas de chance et à toi, je te dis bonne chance.

Le jour venu, j’ai pris la petite pilule avant de rencontrer ma dulcinée, mon Aurelienne. Nous nous sommes rendus à l’endroit de prédilection et nous nous sommes installés. Faut que je te dise que j’ai gardé mon grand T-shirt et mes bas histoire de ne pas trop l’apeurée avec mes pas d’orteils. On s’est couché et sans crier gare, ça a commencé, j’ai commencé à être excité, mais excité ma fille, comme je ne l’ai jamais été de toute ma vie. Ça faisait quasiment mal.

À cause de mon dos, tu sais que je ne peux pas me plier par en avant, encore moins, faire des courbettes de va-et-vient, elle s’est donc assise sur moi. Elle a commencé, j’ai tenu le coup, elle a lancé des petits cris, Hou ! Hou ! et des plus gros, à en devenir gêné. Une chance qu’on était tous seuls.

Et ce fut mon tour. J’ai vécu l’extase, j’étais heureux comme il y a longtemps, au début ça allait bien, mais l’extase, à moment donné, faut que ça finisse, j’extasiais, j’extasiais, j’étais certain d’être en train de mourir, que mon cœur ne supporterait pas le choc et comme je n’ai plus d’orteils à plier, je me suis retrouvé plié en deux à vivre ces moments trop intenses d’extase tout en priant pour ne pas mourir dret là. Et enfin ça c’est terminé. Ouf ! J’ai eu peur ! Peur de mourir, vraiment. J’étais content et surtout content d’être encore vivant.

Ça fait presqu’une semaine et sincèrement, je ne m’en suis pas remis encore. Je suis tout le temps fatigué, j’ai besoin de me reposer plus souvent.

Maintenant, Aurelienne veut me revoir, pas certain de mon côté, elle va me tuer. Nous sommes dans la même résidence, et je la sens qui me regarde, qui me cherche et moi, je longe les murs, j’essaie de l’éviter. Je ne suis pas prêt à recommencer tout de suite mais sincèrement, à bien y penser, je préfère mourir comme cela.

Merci mon Dieu que ce me soit arrivé, merci mon Dieu que j’en sois sorti vivant et merci mon Dieu que je puisse recommencer.

AU RE LIENNNNEEE !!!

C’est pour dire que même sans orteils, les va-et-vient sont toujours possibles et on peut se rendre loin.

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